Alain Dantinne : « Principe d’incertitude »

Aux éditions « L’Herbe qui tremble », Paris, mai 2016, parait

Numériser 3Précis d’incertitude
poèmes d’Alain Dantinne
(peintures d’Alain Dulac)
Où le trouver ?
– Auprès de l’éditeur, http://lherbequitremble.com/
– En librairie : »Papyrus » et « Point-Virgule » à Namur, « Livre et Art » à Louvain-la-Neuve, entre autres.

Ce recueil s’ouvre sur la question de la poésie (Parole abrupte), l’auteur s’interroge sur l’utilisation de la métaphore et de l’ellipse. Il se méfie en effet tant d’un lyrisme exacerbé que d’un minimalisme sec et froid. Ce qu’il vise en premier, c’est une « adéquation à l’être »

Au cœur de l’écriture
l’ombre de la main
(…)
Au creux de l’absence
la poésie

Il se veut témoin critique du monde tel qu’il le traverse, le voit, le vit. Nous retrouvons donc le poète voyageur (Décalage horaire, Je n’ai jamais été à Iquitos sont d’autres titres de cet auteur) qui nous invite ici à le suivre dans ses Errances. Mais son œil ne se pose pas exactement où le souhaiteraient des voyagistes inconséquents, le globetrotter s’insurge sur la situation de migrants se cassant le nez contre la vitrine d’un capitalisme décervelé

Tu fuis nos regards
traverses des mers
des Gibraltar
dans de redoutables périssoires
(…)
je me sens bien en agence
all inclusive
tu te prends les pieds
dans les papiers
de nos exclusives (…)

ou, inquiet, il s’indigne devant des laissés-pour-compte, des Indiens Guayakis en Argentine ou des mères de disparus politiques au Chili. Mais sa transhumance est également un voyage intérieur, il veut éprouver une solitude, traverser comme autrefois (Patagonia et cætera) des paysages sauvages et crus, des terres dépeuplées et froides pour donner sens à sa route

À quoi bon
ces chemins parcourus
ces poèmes lus
par milliers
si ce n’est trouver
au bout du bout
revenu de tout
un être primal et nu ?

Ce sont les chemins du nord (Laponie) qui l’amèneront non pas à nier mais à intégrer ce Tumulte invisible. Il partira sur les traces d’autres poètes (Christian Dotremont, Kenneth White ou Tomas Tranströmer) à la recherche d’un impossible apaisement humain. Son passage par Oslo à l’automne 2013 l’amène à visiter une rétrospective de l’œuvre d’Edvard Munch, dont il perçoit le cheminement sombre et tourmenté. La beauté cosmique des aurores boréales ou la douce tranquillité des Lapons apaiseront quelque peu ce passager intranquille, lui inspireront quelques haïkus légers et humoristiques.

Le trait alerte du peintre Alain Dulac participe au mouvement épuré de ces poèmes, invite le lecteur à s’arrêter au détour d’un texte pour prolonger sa rêverie intime, pour pénétrer son continent intérieur.

Service de Presse

Alain Dantinne, membre de l’Abpf, est professeur de français, philosophe (voir le n°236 de notre revue : « la philo, mode d’emploi » ), écrivain ( « La promesse d’Almache ») et voyageur audacieux et infatigable. Ses écrits parlent des sentiers du monde et des rencontres qu’on y peut faire.