L’évaluation : concrètement.

Cinq enseignants nous proposent les grilles qu’ils utilisent en classe.

  • Cathy DOUCET, institutrice primaire, nous présente une grille pour un texte explicatif : « Ce type d’écrits est facile à mener, même dans les petites classes. Il permet l’apprentissage d’une organisation spatiale et demande aux enfants une réflexion sur le déroulement logique des différentes étapes ». Téléchargez eval-cd-97
  • Liliane LIBOTTE, professeure de français à l’Institut Sainte-Thérèse de Manage et maitre de stage pour l’UCL, évalue avec la 4e année de l’enseignement de transition la première compétence du programme de la FESeC (« comprendre la visée argumentative d’un texte, rédiger un texte argumenté pour informer et convaincre un public déterminé »), au moyen de la rédaction d’un billet d’humeur.Téléchargez eval-ll-98
  • Marc SLINGENEYER, professeur à Liège, propose une grille pour la prise de notes (notes de cours), évaluée avec la 4e année de l’enseignement de transition dans le cadre de la deuxième fiche-compétence (« réécrire pour un tiers ou pour soi-même, un texte source (oral, écrit ou visuel), en vue […] d’en rendre compte »). Téléchargez eval-ms-99
  • Fabien JACQUES, professeur de français à Namur, illustre, pour le 3e degré en technique de qualification, l’évaluation du débat régulé (première fiche-compétence : « prendre sa place dans une discussion de groupe en formulant, de manière nuancée, une opinion personnelle, en intervenant à propos et en adaptant son comportement à l’enjeu du débat ainsi qu’au rôle qu’on y tient »). Téléchargez eval-fj-100
  • Donatienne CAPPELLE et ses collègues d’Erasme, pour le cours de FLE en Promotion sociale, propose une grille pour évaluer en jeu de rôle et une autre pour évaluer en « face à face ». Téléchargez eval-pe-91

La certification d’une compétence se mesure à partir d’une grille d’évaluation, à l’élaboration chronophage et délicate. Outre le temps nécessaire à sa construction, il convient de rajouter celui consacré à la correction de la production de l’élève : l’évaluation de chaque critère prend du temps, surtout quand ce travail se multiplie par une vingtaine de copies.

Quand l’enseignant crée sa grille d’évaluation, il sélectionne, d’après les apprentissages, les critères pertinents à évaluer, relevant du genre et de l’intention de la production, ainsi que du canal de communication utilisé. Divers indicateurs nuancent la pondération de chaque critère, choisi avec mesure : trop de critères complexifient la grille et accroissent le temps de correction ; des critères trop rares rendent l’évaluation objective de la compétence bancale.

L’enseignant veille de plus à une transposition du vocabulaire parfois trop technique, afin de rendre les grilles lisibles pour les élèves et leurs parents, non initiés au jargon didactico-disciplinaire. La dernière étape lors de la construction consiste à pondérer tous les critères en évitant notamment que le seul respect de critères secondaires n’amène la réussite du point de vue institutionnel.

Grâce à ces grilles d’évaluation, l’on espère atteindre une certaine objectivité, toujours illusoire. Chaque professeur n’évalue pas, en effet, de la même manière à partir d’une certaine grille et les cotes d’un même professeur diffèrent sans doute légèrement d’un moment à l’autre. Dès lors, la grille d’évaluation parfaite n’existe pas, chacun tentant de trouver une juste mesure approchant l’objectivité.

extraits des pages pratiques de la revue
« Le français dans le mille » de septembre 2013