« Il faut lire, il faut lire » en classe de FLE !

Intervention de Mariska Mestdagh – Podebrady, novembre 2013.

NDLR – Proposées dans le cadre du FLE, les suggestions de Mariska trouveront tout naturellement leur adaptation voire leur usage en classe de français langue première.
La complexité de la mise en page nous oblige à vous proposer la partie concrète de ce travail en .pdf à télécharger (boutons ci-dessous).

DSC_0444Introduction

Une citation de Daniel Pennac en titre, car son roman nous invite à nous interroger sur la lecture et la littérature de manière générale.

Dans cet atelier, nous nous interrogerons d’abord sur l’enseignement de la lecture et de la littérature en classe de français langue étrangère. Ensuite, ces propos seront illustrés à l’aide de l’exploitation de deux courts extraits littéraires. Enfin, avant de conclure, nous tirerons quelques enseignements de cette expérience.

Diagnostic et remède ?

Nous entendons et nous lisons de toutes parts que le niveau de nos apprenants baisserait. Aborder la lecture, ce qui plus est la littérature en classe de FLE deviendrait un exercice « délicat ». Face à ce diagnostic quelque peu fataliste, nous ne pouvons qu’essayer de trouver des remèdes. Un parmi tant d’autres consiste surement à familiariser les apprenants avec une certaine forme de lecture littéraire. Cette dernière peut être déclinée en plusieurs conceptions. La première se veut une analyse des œuvres littéraires, sans intérêt pour le lecteur. La deuxième, au contraire, se rapproche de la « lecture plaisir », décrite entre autres dans Comme un roman de Daniel Pennac ou encore dans le film de Peter Weir Le cercle des poètes disparus (Dead Poets Society). La distanciation critique, la réflexivité, le décryptage des codes et des stéréotypes, la compréhension de ses propres pratiques en tant que lecteur… sont plutôt favorisés dans la troisième conception. La quatrième, qui nous intéresse, attache de l’importance tant au rapport psychoaffectif au texte qu’à la distanciation critique.

Voici quelques propositions censées favoriser cette lecture littéraire en classe de FLE : prendre en compte les lectures réelles des apprenants, favoriser l’appropriation vocale et imaginaire des textes, initier au jeu des hypothèses, apprendre à repérer et interpréter des types de textes, des genres et des stéréotypes (grâce aux paratextes ou aux intertextes) et aborder le texte par l’image. En outre, il ne faudrait pas oublier d’expliciter tous les implicites culturels, ou ce qui est sous-entendu dans une culture donnée.

L’initiation au jeu des hypothèses et plus particulièrement à la technique du dévoilement progressif est très intéressante en classe de FLE. Généralement, le professeur se sert d’un texte narratif court, suscitant le suspense, qu’il fait découvrir pas à pas. Chaque fragment suscite des interrogations et des hypothèses – bien souvent collectivement –, ce qui permet de s’arrêter au processus de lecture. Les textes choisis pour notre atelier ne répondent pas vraiment à ces critères ; ils sont plutôt sélectionnés sur la base de leur niveau (à partir du niveau B1 du CECR) et de la façon dont la langue française et la culture francophone sont abordées.

Mariska Mestdagh

Téléchargez ici Ateliers pratiques l’article en entier, avec des propositions très concrètes. Le travail sur la B.D. pourrait aisément être adapté pour des élèves même très jeunes en français langue première ; la seconde partie (utilisant des extraits de Nothomb et Troyat) plus « littéraire » concerne – après accommodements – tous les âges.(NDLR).

 

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