à la SABAM : littérature de jeunesse

Le jeudi 4 décembre 2014, dans les locaux du Stardust Café (Stardust Park, avenue du globe, 36, 1190 Bruxelles, 02 306 53 69 www.stardustpark.be), la Sabam, à l’initiative de Sylvie Godefroid, organisait une rencontre consacrée à la littérature pour la Jeunesse avec deux de ses auteurs et futurs lecteurs. Barbara Abel assurait la présentation de la rencontre. Sylvie Suzor, membre de l’Abpf, comédienne, auteure, formatrice, maitre d’armes, conteuse… était là !

  • Frank Andriat présentait son livre « Les aventures de Bob Tarlouze : arrête ton Bob-Tarlouze_Cover-new-OKbaratin ! «  (Ker édition, 2013,157 pages. Un meurtre vient d’être commis dans une classe de l’école du jeune Bob Tarlouze. Très intrigué, cet amateur d’histoire criminelle mène sa propre enquête et devance même la police pour arrêter le coupable. Dans un style simple et sur un ton humoristique, Frank Andriat nous propose un bon livre destiné aux jeunes rêvant de trouver leurs professeurs assassinés.) SOURCE  / http://www.babelio.com/
  • Carine Noizet était là avec son très beau « La grève du Marchand de Sable «  (Editions de la Tulipe,la-greve-du-marchand-de-sable 2014. Sur un ton léger comme un grain de sable, ce livre à destination des très jeunes enfants, nous propose une petite histoire pour aider à dormir ; Les dessins sont tous réalisés de la main de Carine Noizet..)

Dans une atmosphère très amicale et festive, Sylvie Godefroid nous avait accueillis au côté de sa très nouvelle collaboratrice en nous invitant à déguster des sucreries « jeunes publics » pendant que l’assistance se mettait en place. Dès le début de la rencontre, les deux auteurs ont évoqué leur parcours.

  • Frank Andriat est actuellement professeur de Français. Il a, très tôt dans son enfance (12 ans), participé à une revue littéraire de son école avant de la reprendre dès ses 15 ans. Pour lui, la littérature est indispensable à sa vie. Elle permet l’apprentissage des jeunes alors qu’ils sont en profonds changement. Toutes les réponses à leurs questions se trouveront dans les livres. Vous l’aurez compris : pour lui, les livres et l’écriture sont nécessaires. C’est, a-t-il déclaré non sans humour, « pour faire plaisir à sa mère et calmer ses inquiétudes économiques » qu’il a aussi embrassé la « profession de professeur ».
  • Carine Noizet a un tout autre parcours. Elle est une thérapeute par hypnose. Elle nous a confié travailler avec de jeunes enfants même si ses propres enfants restaient les principales sources d’inspiration de ses histoires. Professionnellement, elle se consacre à aider les personnes en difficulté mais – attention, voici le discours de thérapeute nous hypnotisant – « reste attachée au principe que tout problème de l’enfant peut se régler par une histoire d’enfance et va donc rejaillir sur le monde des adultes« . Elle a ensuite illustré ses propos en évoquant le processus de création de son histoire de marchand de sable : la grève, même si le sujet est dans l’air du temps vient d’une lassitude du marchand. Les enfants refusent de s’endormir et le sable magique perd de son pouvoir. L’enfant devient alors acteur de l’histoire et trouve une solution qui va rendre le pouvoir au marchand de sable. L’auteure cherche ainsi à montrer que l’enfant peut influer sur sa propre vie.

Barbara Abel a ensuite souhaité connaître les sources d’inspirations et les lectures les plus fréquentes des deux dompteurs de mots. Tous deux ont répondu « tout ». Ils feront toutefois des distinctions à propos des caractéristiques d’écriture pour la jeunesse. Si Frank s’est d’abord consacré à la littérature pour adulte avant de tenter les livres pour la jeunesse, Carine s’est principalement consacrée aux enfants. Tous deux affirment qu’il faut d’abord une accroche, une bonne définition du thème abordé puis de l’émotion : l’enfant cherche toujours à savoir ! Il ne faut donc pas brimer ce besoin. Face à l’interrogation de la source inspiratrice de l’œuvre, Frank s’attache d’abord au plaisir de lire, puis à l’histoire, tout en obligeant le lecteur à sourire. Carine, préfère rechercher avant tout à résoudre une difficulté de l’enfant. Ils se rejoignent sur le besoin de mettre en place un enfant comme acteur principal de l’histoire.

Une question leur est ensuite posée autour de la notion de liberté artistique de l’auteur. Carine met en avant une grande liberté de choix de sujet mais insiste sur les notions de respect et de justesse de l’histoire. Frank surenchérit. Pour lui, il n’existe pas de censure pour l’auteur même si quelques éditeurs poussent à l’autocensure. Fort heureusement, les Belges semblent avoir plus d’ouverture et de sens de la dérision  que leurs cousins français. Par exemple, son titre « tarlouze » n’aurait jamais pu sortir en France sans le soutien belge. Il faut vraiment être un auteur avec son humour belge d’avant-garde pour rappeler que les belges sont les locomotives des français.

La rencontre se conclut par un ultime conseil : L’émotion doit toujours être présente dans les livres consacrés à la jeunesse. Sans émotion, aucun souvenir, aucune accroche. Il est important que l’auteur se mette à la place du lecteur et utilise un vocabulaire simple tout en étant vrai. Et il faut toujours persévérer, ne pas s’arrêter à la première lettre de refus de l’éditeur, ni à l’antépénultième. Il y aura toujours,  en finale une bonne lettre.

Après cette discussion agréable chargée d’humour, une séance de dédicace a été organisée. La soirée s’achevait avec une montagne de petits sandwichs…. Je n’y ai pas touché, non pas pour sauver ma ligne mais parce qu’en tant que mère de deux félins splendides, je ne pouvais savourer des petits pains en sachant que mes enfants, héros de la soirée, n’avaient rien mangé depuis le matin. Ils ont bien mangé ce soir-là mais étrangement, se sont endormis aussitôt, sans attendre la fin de la lecture des deux livres….

Sylvie Suzor.