Parler, c’est pas du blabla

Condorcet 5 ans
La Catégorie pédagogique de la Haute Ecole Provinciale de Hainaut – Condorcet
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et L’Association belge des professeurs de français
ont présenté

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Un colloque portant sur la didactique de l’oral s’est tenu le 9 février dernier, à la Haute École provinciale du Hainaut Condorcet, à Mons, avec la participation de l’ABPF.

L’idée d’une journée de réflexion autour de l’enseignement de l’oral taraudait deux professeurs de français (dont Lodia Honorez Kucharek) de la catégorie pédagogique de la Haute École provinciale depuis pas mal de temps. La raison principale : une demande de plus en plus forte de la part des professeurs et des étudiants futurs professeurs. Parmi les quatre compétences cardinales (lire, écrire, parler, écouter), l’oral est certainement le parent pauvre. Un grand nombre d’enseignants sont mal à l’aise quand il s’agit de travailler sur la langue orale. Quelles sont ses particularités ? Comment l’enseigner ? La lecture et l’écrit ne posent pas tant de problèmes, les théories, les études et la recherche didactiques sont légion. Ce n’est pas vraiment le cas pour l’usage parlé de la langue, qui est pourtant le médium principal de l’enseignement, or il est peu enseigné pour lui-même et plus encore en FLM que dans les pratiques du FLE.

Le colloque « Parler, c’est pas du blabla ! » a eu pour objectif de démontrer aux professeurs et aux apprenants qu’ « Enseigner l’oral, c’est possible ! » comme l’affirment Lizanne Lafontaine et Christian Dumais, les deux grands spécialistes québécois en ce domaine.

Les travaux ont commencé par une matinée de conférences dans l’auditorium Richard Stiévenart (campus de l’UMons). Après l’ouverture par le directeur-président de la Haute École, M. Pascal Lambert, et M. Gérard Godfraind, directeur de la catégorie pédagogique, Madame Christine Lecomte, professeur à l’Académie des Arts de la parole, à Quaregnon, a analysé tout ce que représentait et impliquait le fait de « Prendre la parole en français ».

Mme Myriam Boulard, inspectrice de l’enseignement secondaire de la Fédération Wallonie-Bxl, avait préparé un exposé au titre clin d’œil « La parole aurifie l’élève », pour présenter surtout les aspects pédagogiques de la question.

Après une brève pause-café, ce fut Monsieur Christian Dumais, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui termina la matinée. Sa conférence « Enseigner l’oral dans l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire », fruit de plusieurs années de recherches et de pratique, était en somme une sorte d’introduction à ses ateliers de l’après-midi.

Une demi-heure d’échanges entre le public et les intervenants a conclu cette première partie de la journée.

L’après-midi a vu se dérouler, sur le site, cette fois, de la Haute École (Campus du Champ de Mars), une douzaine d’ateliers en parallèle. Chaque intervenant disposait d’une heure et répétait sa présentation de sorte que le public puisse assister au moins à deux ateliers. Une exception, celui de la présidente de l’ABPF qui avait demandé à pouvoir profiter des deux heures. Avec « Qui a peur de prendre la parole en public ? », Mme Buisseret avait condensé une activité qui dure habituellement toute une journée. Grâce à une approche adaptée et des exercices pratiques, il est possible de dissiper la peur presque phobique qui handicape beaucoup de jeunes enseignants au moment de parler devant leurs élèves.

Sylvie Godon, maitre-assistante à la Haute École, a travaillé sur l’oral dans la perspective du français langue étrangère. Christian Dumais a, quant à lui, présenté, par un atelier formatif, une façon concrète de travailler l’oral. Il a aussi montré comment les élèves pouvaient évaluer l’oral entre eux, une manière d’être actifs au sein du groupe.

Dans les autres ateliers, il a été question de diction, de parole et d’écoute, de théâtre, de la voix de l’enseignant, d’improvisation. Etc.

Robert Massart, de l’abpf, ancien professeur de la Haute École (catégorie pédagogique), a mis en évidence, en présentant « Français parlé, français écrit : deux langues différentes ? » quelques-unes des grandes divergences du français oral par rapport à sa forme écrite.

Le colloque s’est achevé vers dix-sept heures par une synthèse des plus intéressantes qui a réuni autour de la table tous les intervenants et quelques éléments du public, lequel fut particulièrement nombreux durant toute la journée, environ trois-cent-cinquante participants.

Robert Massart (abpf)

Vous trouverez quelques détails à propos de cette journée sur le site de la Haute Ecole Condorcet

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