Ewa Kalinowska, « Jouer avec la langue. Activités basées sur quelques poèmes de Norge »

Voici, dans sa version intégrale, l’introduction de cet article (p. 11)

Georges Mogin, plus connu comme Norge, était habité par une passion sensuelle du langage. Sa poésie s’exprime en tous les genres : poèmes lyriques classiques, chansons, poèmes dialogués, comptines... Peu de textes littéraires laissent sentir un tel amour de la vie sous tous ses aspects, une telle joie de vivre que ceux de Norge. Force est de reconnaître en même temps qu’il ne s’agit pas de sentiments irréfléchis – le désenchantement, l’ironie ou la férocité ont aussi leur place dans l’oeuvre de Norge. Ils servent de contre-point à l’amour du monde et de la langue. Les titres des recueils témoignent d’une attitude très particulière de l’auteur qui affirmait que « la poésie se mange » : La Langue verte, Charabias et Verdures, Le Gros Gibier, Les Oignons, Les Oignons sont en fleurs. Le ton, tour à tour humoristique et ironique, la forme – répétitions, refrains, le vocabulaire, confinant parfois une énumération savante (ou soi-disant savante), les allitérations et assonances, les rimes – tous les éléments font sentir au lecteur la jubilation et le plaisir de l’auteur. Ce plaisir est contagieux, inévitablement contagieux...

Les propositions d’activités à base de quelques poèmes de Norge ont été mises en pratique lors de cours de littérature au Collège universitaire de Formation des Professeurs de Français (Université de Varsovie) ainsi que pendant des ateliers de lecture en Espagne (visites Erasmus).

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