Repérage des aspects initiatiques du séjour de Moralès. Consultation d’une grille d’analyse du récit initiatique.

Localisation et analyse des questions si se relaient pour maintenir constamment l’intérêt du lecteur et le faire réfléchir.

Approche sociologique et psychanalytique du réfugié Moralès : rapport au pays perdu, à la mère, relations avec le pays d’accueil et aux femmes qui y sont rencontrées.

Listage des occurrences du thème du malentendu : analyse à chaque occurrence du jeu des représentations et des projections dans le chef de l’exilé et de ceux qui l’accueillent.

Etude de l’ironie chez Mertens et dans certains propos de Moralès.

Même travail pour les thèmes obsessionnels de la blessure, de la prison, de l’eau, du discours.

Etude du récit dans le récit et de l’auteur comme personnage, à propos de l’article de Pierre Augustin, clé du livre. Terre.


Exemple de développement d’une ces ces pistes : Le rôle des femmes rencontrées en Belgique:

Les besoins d’homme, affectifs et sexuels de Moralès ne sont pas pris en compte. Seules quatre femmes le rejoignent dans son humanité.


Daniel SOIL, Comme si seule une musique, Editions Luce Wilquin, 2005.


PISTES DIDACTIQUES


Découverte des aspects culturels : belges, européens, métissés. Mise en rapport avec les thèmes du voyage, de la musique, de l’amour, fondus dans l’Orfeo.


Etude des apports successifs des différentes voix dans le dévoilement de l’intrigue et des personnages.


Oppositions et complémentarités ans les comportements des personnages quand ils sont confrontés à des problèmes semblables.


Issa AIT BELIZE, Racines et épines Le fils du péché I, Editions Luce Wilquin 2005.


PISTES DIDACTIQUES

Repérage, dans la division en chapitres, les étapes d’un récit de formation. On peut s’aider pour cela d’une grille d’analyse de ce type de récit. 

Analyse des personnages qui interviennent dans chaque étape de cette formation : psychologie, valeurs, influence.


Exemple de ce type d’analyse dans le cas du passage à l’adolescence :

La mort du sergent correspond à la fin de l’enfance. Avant d’entamer ses études secondaires, Amarouche passe trois mois aux souks, occupé à de petits emplois. Il acquiert le sens des affaires. Il trouve d’autres substituts paternels : le fripier et le marchand d’insecticides. Il forme équipe avec leurs fils. Il fait de plantureux bénéfices en revendant un stock de lunettes de luxe égaré dans une balle de fripe, puis des transistors. Les trois garçons associent leurs talents pour se tirer de situations parfois difficiles. Amrouche est celui qui sait parler. Soliman a de l’audace. Mouhamed a le sens pratique. Les choses se compliquent quand le fripier, s’étant mêlé de vendre des cigarettes de contrebande est poursuivi par des fonctionnaires de l’Intérieur passablement corrompus. Amarouche se réfugie alors dans la mosquée de son enfance où l’imam, sage éclairé, lui révèle un Islam d’ouverture et de questionnement.


Ce roman peut, à mon sens, être abordé avec les élèves dans le cadre d’une étude du récit de vie. Les adolescents y retrouveront certains de leurs problèmes de vie, mais seront aussi amenés à découvrir des conditions de vie autres que les leurs. Ils seront invités à une démarche de décentrement nécessaire à leur âge. Ils verront aussi un Maghreb tout différent de celui que montrent les cartes postales et les dépliants touristiques. Ils repéreront des valeurs universelles, fondements d’un véritable humanisme.


DU COTE DES CHANTEURS


Brel est souvent un moraliste qui se sert de la chanson littéraire pour promouvoir des valeurs mais aussi pour dénoncer des contre-valeurs. En revisitant son œuvre de ce point de vue on peut redécouvrir certaines chansons qui avaient surtout frappé par leur poésie ou leur humour, on peut encore découvrir des chansons moins connues.

La sincérité

C’est la valeur que Brel a le plus défendue et, le plus souvent, en se moquant de l’hypocrisie.

Ce fut le thème d’une de ses premières chansons Grand Jacques p. 2741

On le retrouve dans une œuvre moins connue Les gens (p 103), dans les Bigotes (p.236) et dans Les Bourgeois (p 223). Cette dernière chanson, comme Grand Jacques montre que ceux qui dénoncent l’hypocrisie la pratiquent parfois.

La paix et l’amour

Brel a connu la guerre froide et la guerre d’Algérie. Il était partisan de la paix et cela s’est souvent traduit par une critique virulente des dérives militaires. Très tôt, dans La colombe (p160) il se montre ennemi des guerres. Il rappelle dans Mai 40 (p373) qu’il a connu dans on enfance le traumatisme de l’invasion allemande. Il se moque des militaires qui font carrière sans plus réfléchir au sens de ce qu’ils font. C’est le thème de Zampa (p. 221) du Caporal Casse-pompon (p. 232). De son service militaire, il a rapporté quelques scènes de comique troupier reprises dans Au suivant (p. 287)

Mais les textes de Brel qui nous touchent le plus sont sans conteste les chansons qui exaltent la solidarité, l’amitié et l’amour. Il suffit de se rappeler Jef (p. 274) et Quand on a que l’amour, chanson sélectionnée pour Brel dans une compilation des quarante plus grandes chansons françaises.


Analyse détaillée de la chanson.

1° Hypothèses à propos du titre.

2° Ecoute répétée de la chanson.

3° Résumé de chaque couplet par une phrase.

4° Explication du vocabulaire et des jeux de mots.

5° Mots clés.

6° Figures de style.

7° Métissage lexical-métissage musical.

8° Hypothèse vérifiée.


CONCLUSION

Tout un pan de la littérature et de la chanson belges est animé par la défense des valeurs humanistes. Dans ce petit pays qui est le nôtre, plat pays le plus souvent, nous n’avons, pour raison de fierté que notre humanité, notre souci de bien faire l’homme et de laisser aux autres le soin de poursuivre le même but. C’est la seule leçon que nous pourrions donner, si elle n’avait déjà été donnée par Socrate : Connaissons-nous donc nous-mêmes et avec ce que nous avons de nous, faisons quelque chose de vrai, de bon et de beau.


Schéma de l’atelier sur la littérature maghrébine de langue française, Tanger 17-21 juillet 2006.


1 Les références renvoient à l’œuvre intégrale de Brel publié chez Laffont en septembre 98.

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