Extraits abordés


SEFRIOUI : Le passeur de culture , la synthèse harmonieuse   : Le Chapelet d'ambre, Julliard, 1949, 

    Evocation poétique du Maroc pp. 142-145

    L'héritage des conteurs : pp. 223-224

La boîte à merveilles, Le bain maure, Collection méditerranée, Seuil, 1954, p. 11 


CHRAIBI : Entre ici et là-bas ,  la violence douloureuse   Passé simple, folio

    Le rejet d'une littérature facile p.206

    Le rapport au père ; p. 107

    Biculturalisme pp. 88-89

L’attrait de l’occident , Civilisation ma mère, la déco uverte du téléphone, p. 54-57


DIB : l’aculturation tenace mais difficile :Une lecture de substitution : La station de la Vache, Des nouvelles d’Algérie, Métailié, 2005,pp.33-40

 

BOUDJEDRA : La double blessure     Fascination, Folio 

    Les séquelles de la colonisation : pp. 35 36 et 200


BEGAG : Vrai Beur ?  Le gone de Chaâba Points

    les dialogues bilingues extraits... 

    Le couscous p. 108 


SMAÏL : Faux Beur?Vivre me tue,  Denoël  

    L’interview p. 11 


BEN JELLOUN : Exil ou trahison? Jour de silence à Tanger Points   

    La solitude du père p. 14

Amours sorcières Le club

LAROUI, L'art de la palabre, Le Maboul, Julliard

    Le danger de récupération : Le vendeur de Babouches, Julliard, p.75


Méthode :


Après lecture, questions posées aux participants pour définir la culture et les modes d’expressions littéraires qui semblent propres au monde arabe ou à l’univers beur.


De là il est ressorti que



Intervention en 2007.


Un cas de transposition didactique : Le slam au lycée.


La transposition didactique est au cœur de la formation – initiale et continue – des enseignants. Elle occupe aussi une place majeure dans leur pratique. Le thème de cette université d’été est donc très pertinent.

La transposition didactique s’opère au niveau des matières comme des méthodes. Lorsqu’il s’agit d’aborder des textes littéraires au lycée, il faut tenir compte de la manière dont ils seront reçus et, dès lors, éviter de reprendre automatiquement œuvres et auteurs enseignés en faculté. Tous ne sont pas d’emblée abordables et susceptibles de faire aimer la littérature.

La transposition didactique se retrouve au niveau des méthodes. À l’université, la transmission d’un commentaire savant, inspiré de théories pointues, se fait souvent par exposé magistral. Au lycée, les méthodes inductive et participative sont préférables.


Au niveau de la matière.


Suivre la chronologie et privilégier les monuments du patrimoine littéraire, c’est mettre d’emblée l’élève en contact avec des textes lointains et souvent difficiles. Ne vaut-il pas mieux commencer par une poésie certes authentique, parce que marquée par la recherche formelle1, mais contemporaine, médiatique, branchée sur la langue, l’esthétique et les préoccupations des adolescents ? Les grands slameurs d’aujourd’hui figureront sans doute, demain, parmi ceux qui ont maintenu la poésie vivante, comme l’ont fait, dans les années soixante, Brel, Brassens ou Ferré.

Travailler sur le slam nécessite quand même de disposer de matériel audio, de saisir et reproduire le texte des chansons, de maîtriser un vocabulaire branché, ou du moins, de se faire aider par les élèves en ce domaine où ils sont plus experts que nous. C’est là une première forme, bien sympathique, de participation.

Comment et pourquoi choisir le slam d’abdel Malik et de Grand Corps Malade ? Leurs textes font réfléchir aux les rapports entre l’œuvre et la vie, à la nécessité de l’approche historique, réflexion récurrente chez les théoriciens depuis le XIXe siècle. Les recherches sur la vie de l’auteur et le contexte de l’œuvre ne distraient-elles pas d’une étude du texte lui-même et ne dévoient-elle pas parfois les études littéraires vers la petite histoire et l’anecdote.2 Le parcours personnel d’Abdel Malik et de Grand Corps Malade explique et justifie leur propos, dans sa teneur et sa forme. Il éclaire indiscutablement les thèmes abordés ainsi que la langue et le style. Dans ce cas, l’éclairage biographique semble indispensable.

Se pencher sur un des genres littéraires branchés, créolisés, métissés qui fleurissent aujourd’hui, c’est inévitablement observer les registres de langue, le néologisme, la grammaire évolutive, bref un français qui « bouge » avec la société que bousculent les créateurs. Mais le slam s’il est original par son vocabulaire et sa syntaxe, ne devient poésie que par la manière dont les mots sont choisis et moulés dans certaines figures rhétoriques traditionnelles. À tel point qu’au niveau de la versification, de la syntaxe et de la métaphore l’écriture d’Abdel Malik peut être rapprochée de celle de Paul Claudel !  Chez l’un comme chez l’autre, le rythme est tantôt syllabique, tantôt accentuel, la progression est volontiers anaphorique, le style imagé est omniprésent.


1 Emploi d’anaphore, métaphores, comparaisons, parallélismes, métonymie, jeux sonores…

2 On en vient parfois à s’intéresser plus à la vie privée de l’auteur qu’aux caractéristiques de son écriture.

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