On obtient souvent d’excellents résultats lors qu’on aborde la poésie par le biais de l’énonciation, en la considérant comme un acte de communication. Cette approche convient au slam comme à la chanson, car tous deux doivent capter et maintenir l’attention de l’auditeur. Cela permet un détour par la grammaire et le vocabulaire, une étude des pronoms, des personnes, temps et modes verbaux, ses indicateurs de temps et de lieu. Cela met en lumière les choix linguistiques et rhétoriques créant une relation forte, émotionnelle, entre le slameur et l’auditeur : avec des idées, de l’humour, des surprises et des reprises.
La démarche se centre sur l’apprenant, part de textes qui lui sont familiers et sympathiques pour l’initier à la poésie patrimoniale, tant maghrébine que française1. La compréhension naturelle et au premier degré sera dépassée, en dotant de savoir-faire d’analyse, d’outils de réflexion linguistique, de compétences pour la lecture littéraire2.
1 Toute transposition didactique n’est-elle pas motivée par les besoins réels de l’apprenant ? Une part de l’expertise de l’enseignant est la compétence à choisir les textes qu’aimeront les apprenants et seront les premiers maillons d’une chaîne qui les reliera à la littérature patrimoniale.
2 On se référera aussi à la fiche pédagogique Eh bien, slamez maintenant !, rédigée par Géraldine ENJELVIN, pour Le français dans le monde, n° 352, juillet-août 2007, pp. 92-93.