Une mission officielle confiée à l’ABPF
Les Journées de réflexion pédagogiques de l’ARPF de l’automne 2009
Rapport d’activités de Robert MASSART, secrétaire de l’ABPF chargé des Relations avec la Roumanie (ARPF).
Mission du 11 novembre 2009 au 24 novembre 2009 dans le cadre de l’accord qui lie la CFWB et la Roumanie.
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Pour mémoire : la dernière mission d’un représentant de l’abpf en Roumanie remontait à mars 2008.
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Cette mission-ci s’est articulée autour d’une invitation personnelle du Directeur du Département d’Etudes françaises et francophones de l’université Lucian Blaga de Sibiu, le professeur Mircea Ardeleanu, à l’occasion des Journées scientifiques du département, qui se sont tenues les19 et 20 novembre 2009.
Pour des motifs pratiques, j’avais eu l’accord des responsables de l’ARPF afin de pouvoir réactiver nos contacts avec différentes filiales qui le souhaitaient particulièrement, celles de Bucarest et de Iasi, pendant ce même voyage.
- accueil par la responsable de la filiale ARPF, Mme Irina COSOVANU.
J’ai été logé au Centre d’Échanges internationaux GAUDEAMUS.
Activités
- une après-midi de rencontres au Lycée Ibraileanu avec le directeur, l’ensemble des professeurs de français et les élèves de Madame Magda NEGREA, une collègue qui connait déjà bien l’ABPF.
Au cours de cet atelier, j’ai constaté, comme je l’ai fait tout au long de ces deux semaines, que les points d’ intérêt principaux des Roumains pour l’univers du français, actuellement, étaient, pour les enseignants, le débat autour des changements de l’orthographe, et, plus encore pour les élèves et les étudiants, le désir de comprendre la situation linguistique, culturelle et politique de la Belgique. Au lycée Ibraileanu, j’ai donc essayé de répondre à un feu nourri de questions généralement très pertinentes, venant tant des élèves que des professeurs, sur l’état de la langue française dans notre pays, le bilinguisme, la situation particulière de la région de Bruxelles, l’enseignement des langues nationales, leur connaissance et leur pratique dans les faits, l’origine de cette situation, la création de la Belgique, etc. Certaines des interventions des élèves étaient d’autant plus pointues et bien informées que quelques-uns d’entre eux - ils me l’ont avoué après - avaient vécu en Belgique.
- à l’université Al. Ioan Cuza, pour les étudiants en dernière année de master en français, deux heures de cours sur les rectifications orthographiques de 1990 et les débats qui ont lieu actuellement en vue d’une autre réforme de l’orthographe.
- rencontre avec le lecteur de français de Wallonie-Bruxelles, M. Laurent Duminy, et la Directrice du Département de français de l’université Al. Ioan Cuza, Madame Simona Modreanu.
Les conditions de travail de notre lecteur sont relativement difficiles, actuellement : le local du lectorat de français n’existe plus à cause des travaux de réaménagement de grande envergure dont bénéficie l’université, mais on craint que ce chantier ne dure encore très longtemps. Monsieur Duminy est installé «provisoirement» dans un couloir trop petit pour les différentes activités du lectorat et la quantité de ses étudiants. Il manque aussi du matériel le plus élémentaire : photocopieuse, télévision, etc.
- Madame Modreanu et Laurent Duminy m’ont invité, pour les Journées de la Francophonie de Iasi (fin mars 2010), à venir parler à cette occasion de la situation du français en Belgique dans le cadre de nos institutions fédérales et régionales. J’ai donné mon accord de principe tout en soulignant que je ne tenais en aucun cas à m’engager sur le terrain politique.
À SIBIU
Déplacement de Iasi à Sibiu en autocar (8 heures) et hébergement dans une pension privée, Casa Ioana.
Activités
- Plusieurs entretiens avec le Professeur Ardeleanu, Directeur du Département d’Etudes françaises et francophones, qui regrette qu’il n’existe pas encore de filiale ARPF à Sibiu, région où la tradition francophone a toujours été moindre que partout ailleurs en Roumanie, probablement en raison de l’importante communauté germanophone. Aujourd’hui, l’influence «saxonne» a beaucoup diminué, ce dont le français pourrait profiter, à côté de la montée de l’anglais. Les apprenants de français à l’université sont nombreux, le lectorat de français est très actif et les professeurs sont enthousiastes.
- J’ai animé trois ateliers d’une heure et demie chacun pour les étudiants du lectorat (lecteur français, Monsieur Sylvain Audet) :
- La «réforme» de l’orthographe
- La langue française en Belgique (en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre)
- La littérature belge de langue française
Une bonne vingtaine d’étudiants et deux ou trois professeurs ont assisté à chacune de ces séances. Mon exposé s’est chaque fois prolongé par des questions-réponses qui témoignaient de la curiosité du public et de son intérêt, notamment pour nos écrivains.
- J’ai été invité à participer par le lecteur français à une « soirée découverte » de la chanson française des années 40 à nos jours, soirée organisée pour les étudiants, à l’instar du fameux concours « Eurovision ». Ici, la chanson était un prétexte pour parler des grands évènements de la fin du 20e siècle et pour mieux faire comprendre les textes.
- Le colloque des Journées scientifiques à l’occasion de l’anniversaire des quarante ans de la fondation de la Faculté des Lettres de l’université Lucian Blaga :
- rencontre avec les deux autres professeurs étrangers invités, M. Philippe Mustière, de Nantes, spécialiste de l’œuvre de Jules Verne, et M. Jan Goes (belge), de l’université d’Artois, à Arras.
- ma communication dans le cadre des deux journées scientifiques (environ trente intervenants), en présence de nombreux étudiants, de doctorants et de la plupart des professeurs de français du département de français et d’autres universités roumaines, ainsi que de l’attaché culturel de l’ambassade de France, M. Denis Soriot.
Titre : Écrire le français : passé - présent - avenir . Il s’agissait de faire l’’historique de notre système graphique, quelques comparaisons avec les d’autres langues néo-latines dont le roumain, et aborder les rectifications de1990 ainsi que les perspectives d’avenir.
À BUCAREST
Trajet de Sibiu à Bucarest en autocar (5 heures).
Hébergement organisé par la filiale arpf de la capitale.
Activités
- une rencontre avec des professeurs et des élèves dans une nouvelle librairie-salon de thé francophone, « C’Arthé » (carte = livre, en roumain) ; les élèves ont dit des textes qu’ils avaient préparés autour du thème de « Bucarest et Bruxelles mon amour », trois d’entre eux ont même interprété un petit jeu théâtral à propos de la nouvelle mode de boire du thé.
Plusieurs de ces élèves en terminale au lycée m’ont posé des questions sur la possibilité d’entreprendre des études universitaires en Belgique, en français.
- inauguration de la revue périodique de l’ARPF, Le Messager, dans sa version entièrement rénovée (une vraie revue scientifique).
- visite dans l’une des meilleures librairies de Bucarest, Carturesti.
- à l’Institut français, séance de présentation de la traduction roumaine du livre de Monsieur Amaury du Closel, chef-d’orchestre, Les Voix étouffées, au sujet des musiciens, compositeurs et interprètes qui ont perdu la vie dans le camp d’extermination d’Auschwitz.
- rencontre avec Madame Cristina GRIGORE, la nouvelle présidente de l’ARPF (depuis avril 2009).
Nous avons examiné l’état de nos relations interassociatives et choisi le thème du prochain concours Belgique romane (pour les élèves roumains qui apprennent le français) pour l’année 2010 : « Une enquête à la manière de Maigret ».
Madame GRIGORE sera l’invitée de l’ABPF en février 2010, à l’occasion de notre prochaine Assemblée générale.
- rencontre avec Madame Fabienne REUTER, Déléguée Wallonie-Bruxelles à Bucarest, pour la Roumanie, la Moldavie et la Bulgarie : entretien d’une heure qui a été très fructueux pour les relations entre nos deux associations de professeurs de français. Madame Reuter souhaiterait recevoir régulièrement la revue de l’ABPF, Français 2000, afin de la mettre à disposition du public à la bibliothèque de la Délégation.
Nous avons aussi examiné l’invitation qui m’a été faite aux prochaines Journées de la Francophonie de Iasi (voir plus haut « A Iasi »).
Robert MASSART
Bruxelles, le 30 novembre 2009