Français 2000, n° 194-195 - janvier 2005

Ecrire, un défi pour l'école ?


SOMMAIRE

Éditorial (J. Lefèbvre)
Dossier : Écrire, un défi pour l’école !
Introduction :
Faut-il apprendre à écrire ? (J. Lefèbvre et J.-F. Cabillau)
Écrire dans l’enseignement primaire et secondaire
On n’apprend pas à écrire, on écrit... (H. Landroit)
Maitriser l’enseignement de l’écriture dans le cadre d’une séquence
didactique basée sur une situation-problème (J.-F. Cabillau)
Un modèle de la compétence à rédiger : DIEPE (A. Braun)
Apprendre à rédiger en technique et professionnel (Ph. Navez)
Apprendre à rédiger : un défi pour... les élèves ! (F. Cambron)
Un point de vue : les lunettes de l’évaluation (M. Hupez-Descamps)
Quelques réflexions sur les compétences rédactionnelles des élèves au seuil du 3e degré (M. Monballin)
Les ateliers d’écriture
ou le pari du « Tous créateurs ! » (F. Kostrzewa)

Écrire dans l’enseignement supérieur
La rupture secondaire/supérieur, une affaire d’écrit ? (F. Thyrion)
Pratiques spécifiques de l’écrit à l’université (M.-Ch. Pollet)
Écrire en FLE
La production écrite en langue étrangère et seconde (J.-M. Defays)
Les invités du numéro
Des SMS... à la classe de français !
Entretien avec J.-R. Klein et C. Fairon (C. Ganty et H. Landroit)
Vous écrivez ?
Périple en français (H. Landroit)
Pour remettre les idées à l’endroit
Les dictionnaires, qu’en penser ? (H. Landroit)


Les invités du numéro

Des SMS... à la classe de français !
(Extraits)

Dehors, le soir tombe sur une froide journée d’automne, la circulation bat son plein. Une semaine se termine. À l’étage de la Maison de la Francité, nous recevons deux professeurs de linguistique de l’UCL, Jean-René Klein du département d’études romanes, responsable du Celexrom (Centre d’étude des lexiques romans), et Cédric Fairon de la faculté de philosophie et lettres, directeur du Cental (Centre de traitement automatique du langage). Présentations d’usage et ambiance détendue. L’interview se veut souple, la parole circule. Nous sommes là pour parler des SMS puisque l’université s’y intéresse de près. Nos interlocuteurs sont ravis de l’intérêt que leur projet de récolte et d’étude des SMS suscite auprès des médias, auprès des jeunes et auprès de nous, professeurs de français. Avec enthousiasme et humour, ils répondent à nos questions à tour de rôle dans une parfaite complicité intellectuelle. L’échange est passionnant, loin du purisme académique, et nos questions sont accueillies avec intérêt, comme autant d’occasions d’affiner le projet.
Deux chercheurs qui s’immergent dans la réalité linguistique pour mieux nous éclairer et baliser la route des enseignants de français. Ils viennent de lancer l’opération « Faites don de vos SMS à la science ».

...

C.G. Justement à propos de l’enseignement, le professeur ne sera-t-il pas quasiment obligé à l’avenir de mener une réflexion avec ses élèves concernant ces nouveaux codes ?
J.K. Moi, je trouve. C’est dans ce sens-là que j’étais intervenu il y a trois ans déjà à un colloque de didactique à Liège organisé par Jean-Marc Defays, où j’abordais en conclusion les langages branchés, et je faisais remarquer aux professeurs qu’il y a une différence entre parler d’un phénomène dans la classe de français et recommander l’utilisation de ce langage. Les lycéens utilisent entre eux un langage créatif. Alors, le professeur de français qui est attentif peut le récupérer pour expliquer beaucoup de choses sur le fonctionnement de la langue. Avec le langage SMS, on peut montrer plein de choses. On peut montrer que l’écriture phonétique est parfois plus difficile à interpréter que l’écriture traditionnelle. Le langage SMS devient parfois un véritable rébus. Il n’est pas sûr que tout le monde arrive à le déchiffrer.
C’est aussi un problème intéressant pour les psycholinguistes qui s’intéressent à l’acquisition de la lecture. Il serait intéressant de voir si ceux qui sont de mauvais lecteurs avec les méthodes traditionnelles (15 % au début du secondaire, selon une enquête française) parviennent à lire le langage SMS. S’ils y parviennent, c’est que finalement ils ont des aptitudes à la lecture.
H.L. Un essai a été fait avec le linguiste André Martinet et la méthode « Alfonic », et les conclusions n’étaient pas évidentes.
J.K. Il y a de l’alphabet phonétique dans les SMS. Mais pour moi, un texte entièrement en alphabet phonétique est illisible ou alors je vais le lire comme un mauvais lecteur, en ânonnant, parce qu’il me manque énormément d’informations, c’est-à-dire que je ne peux pas pratiquer la lecture anticipative. Et puis il y a aussi l’impact sur l’orthographe…
C.G. En tant que professeur, j’utiliserais le SMS comme tremplin pour aller vers d’autres pratiques, plus exigeantes : la contraction de texte et le poème de forme brève. Le SMS est en soi une contraction, puisqu’il s’agit de communiquer en très peu de mots, 160 caractères, je crois, et donc de choisir les termes les plus adéquats. Or, quand on pratique la contraction de texte avec les élèves, la plupart du temps on fixe un nombre de mots à respecter. Les démarches sont donc similaires. D’un exercice qu’il maitrise, l’élève peut donc être amené à exercer sa faculté résumante sur des textes de plus en plus longs et difficiles.
C.F. Il y a beaucoup de professeurs qui utilisent le langage SMS comme prétexte pour déclencher des activités. Ce que vous citez est un exemple. Il y en a d’autres : ainsi, analyser le texte pour expliquer le mécanisme qui a servi à faire une abréviation. C’est ce qui nous a donné l’idée dans le projet d’offrir la possibilité aux professeurs qui voudraient participer avec leur classe, de nous envoyer les formulaires de leurs étudiants avec leur nom. Et au terme de l’opération, pour peu que l’étudiant ait donné son accord, nous leur enverrons le corpus de leurs étudiants de façon à ce qu’ils puissent travailler dessus en classe.
H.L. Les étudiants ne rechignent-ils pas, car le langage SMS est un langage codé, comme l’argot, un langage utilisé entre personnes qui se connaissent bien ?…
C.F. Il peut y avoir des réactions de ce type, une ou deux par classe… On rencontre le plus souvent de l’enthousiasme. Nous pensions que ce qui allait poser problème, c’était l’aspect « sphère privée », cet accès à l’intimité. Est-ce que les gens allaient nous envoyer ce type de messages ? Alors là, aucun problème !
J.K. Nous avons évidemment pris nos précautions par rapport à la loi. Ici, les gens sont rassurés.
H.L. Quand un tel type de langage s’implante, il évolue et influence les habitudes de ses utilisateurs. Cela a été le cas avec le courriel. Un de mes amis n’avait jamais imaginé recevoir une lettre de rupture amoureuse par courriel et pourtant, cela lui est arrivé !
C.F. Il y a eu beaucoup de débats sur ces questions notamment aux États-Unis où des patrons licencient par courrier électronique.
C.G. Le SMS, par les ressources créatives et ludiques qu’il met en œuvre, s’apparente au langage poétique. Par ailleurs, la vogue des haïkus montre l’attrait des jeunes pour les formes brèves. Il y a là un art de la brièveté qui correspond à notre époque où le plaisir de l’instant compte plus que l’investissement dans la durée. Je viens d’entendre sur une radio française qu’au Japon, les jeunes échangeaient des tankas (poèmes de 5 vers) sur leurs téléphones portables. C’est réjouissant, non ? Voilà qui pourrait peut-être ramener la poésie dans les classes.
J.K. Concernant l’utilisation des SMS en rapport avec l’enseignement, il y a deux clans : ceux qui disent que c’est un encouragement à l’écriture par la ludicité et ceux qui craignent que cela ne cause des dégâts. Je suis un peu partagé, mais cela dépend des situations, du type d’enseignement, et cela dépend aussi fort de l’âge. Il est évident que, chez des élèves âgés, en rupture scolaire, vivant dans des familles où la lecture et l’écriture n’ont pas la place qu’elles méritent, l’usage du langage SMS peut être un incitant. Enfin, ils écrivent. Mais dans l’enseignement général, avec des élèves de 15-16 ans qui se sont déjà frottés à l’écriture, est-ce que cela va les troubler ? Cela va peut-être entrainer quelques confusions, mais je ne suis pas sûr que cela soit très grave. Par contre, on peut se poser la question concernant les enfants plus jeunes qui commencent à utiliser cette technique lors de leurs apprentissages de base, au moment où ils n’ont pas encore appris les bases de notre système graphique, on peut imaginer qu’il y ait conflit. Il faudrait creuser cette question.
C.F. Dans la mesure où c’est un phénomène très important dans la société et qu’il passionne les jeunes, cela peut servir de déclencheur pour des activités pédagogiques. Dans ce mouvement vers la brièveté, l’abrège-ment, il y a aussi des situations d’accident : ces abréviations, elles sont partagées par de petits groupes dont les membres communiquent fréquemment entre eux. Il y a donc une certaine habitude à lire. On finit par développer de petits langages de tribus, de clans. Quand on sort de sa tribu avec ce langage, il n’est pas sûr que l’on se fasse aussi bien comprendre. Des personnes sont énervées pas spécialement dans les SMS, mais sur les forums de l’internet, où l’on voit arriver des gens qui utilisent des abréviations à tout rompre. Il existe d’ailleurs des sites qui luttent contre l’utilisation du langage SMS dans les forums. Pourquoi ? Parce que le forum, c’est plutôt public, tandis que le SMS, c’est plutôt privé.
C.G. Je voudrais aborder l’aspect sociologique. Je m’interroge : pourquoi envoie-t-on des SMS ? Évidemment, c’est la communication la plus facile, on peut en envoyer quand on veut, mais je me demande si le contenu est si important et si ce n’est pas seulement le plaisir de communiquer et un besoin dans notre monde anonyme et individualiste d’avoir des contacts très proches, très spontanés, familiers, informels. Ce serait pour moi une façon de créer ces contacts dont on a besoin.
C.F. Nous suivons les messages qui arrivent chez nous et, tous les soirs, il y a des dizaines de messages qui arrivent en disant « Bonne nuit ! », « À demain », « Je pense à toi », « Fais de beaux rêves ». On a cette impression de proximité, de complicité.
C.G. À la limite, ne pourrait-on pas dire que le SMS, à cause de sa facilité d’utilisation, a plus encore que le portable une fonction existentielle ? On écrit ou reçoit un texto pour exister.
J.K. Finalement, on crée des besoins nouveaux qui sont artificiels, il faut bien le reconnaitre, même si c’est extraordinaire comme moyen de communication.

... (la suite dans le numéro)

Les ateliers d’écriture
ou le pari du « Tous créateurs ! »

Licenciée en philologie romane et chercheur à l’Université de Mons-Hainaut, Fabienne Kostrzewa montre de manière originale une autre façon d’aborder l’écriture dans le secondaire, afin d’éveiller chez l’élève l’envie d’écrire en lui rendant confiance en ses capacités.

L’écriture-plaisir, l’écriture ludique, étroitement liée à l’imagination, perçue comme l’exploration d’un rapport à la langue, d’un rapport à l’autre et aux autres, dans le partage et l’échange, l’écriture qui éveille la curiosité et déclenche le questionnement, l’écriture « gratuite », délivrée de la crainte du jugement, autant de facettes de l’acte d’écrire à explorer au cours de français.

Faire découvrir le plaisir de jouer avec les mots, transmettre l’envie de chercher de nouvelles manières de les assembler, offrir le bonheur d’écrire un texte qui soit matière à discussion, faire naître le désir de continuer à écrire, hors de l’école, autant d’expériences à vivre au cours de français.
Prendre des distances avec l’écriture utilitaire, voire utilitariste, montrer qu’écrire est aussi un acte de pensée, relever le défi de l’écriture par et pour tous, autant d’enjeux pour le cours de français.
Ces facettes de l’acte d’écrire, ces expériences et ces enjeux caractérisent l’approche que proposent les ateliers d’écriture. Véritables démarches d’« auto-socio-construction » (Bassis, 1998) du « savoir-écrire », ils favorisent la prise d’autonomie des participants qui écrivent en affrontant des contraintes multiples mais libératrices, en ce sens qu’elles permettent un questionnement sur le rapport de chacun à l’écriture, qu’elles stimulent la créativité et qu’elles autorisent la prise de position personnelle face aux consignes, en termes de respect ou de transgression.
Un atelier est un dispositif qui installe chaque individu, non seulement dans un passionnant face-à-face avec lui-même, mais surtout dans un dialogue avec l’autre, avec les autres, qu’il s’agisse des participants, de l’animateur ou des auteurs dont les œuvres sont abordées au cours de l’atelier. Les liens étroits qui se tissent alors font la trame du travail en atelier : partager, collaborer, échanger, mais aussi entrer en conflit, argumenter pour convaincre, toujours dans le respect de l’autre et toujours pour écrire ensemble. Car écrire au cours d’un atelier signifie écrire seul et avec les autres ! Et c’est ce paradoxe, précisément, qui permet à chacun de construire son rapport au « savoir-écrire » et de se construire soi-même, en tant que sujet, par rapport à ce savoir et par rapport aux autres.

...

A – T – E – L – I – E – R – S

A comme autonomie

L’accès à l’autonomie, en matière d’apprentissage, passe par la confrontation à des problèmes qu’il faut résoudre en recourant à une démarche de questionnement par rapport à l’objet d’étude, en activant des systèmes de connaissances déclaratives et procédurales et en mobilisant certaines compétences. Il incombe donc au professeur de susciter le « conflit socio-cognitif » en introduisant systématiquement l’insolite et la perturbation dans les situations d’apprentissage et en permettant à ses élèves de confronter leurs idées avec celles de leurs pairs et avec des documents.
Pour apprendre, il faut dépasser un conflit entre un savoir antérieur qui n’est plus opératoire et un savoir nouveau qui déstabilise. Il faut désorganiser ce qui était organisé et le réorganiser (Atlan, 1986). Autrement dit, le véritable apprentissage commence à l’articulation entre l’avant et l’après (connaissances antérieures confrontées aux connaissances nouvelles) (Dupont, 2002).
L’atelier d’écriture permet d’atteindre une certaine autonomie dans l’acte d’écrire en ceci qu’il s’agit d’y exercer une activité intellectuelle réelle, puisqu’il n’y a aucun modèle d’écriture à imiter ou à reproduire. L’écrivant est placé en situation de questionnement : que va-t-il écrire et comment ? respectera-t-il les consignes ou choisira-t-il de les transgresser ?
D’autre part, si le questionnement naît de l’obstacle, chaque atelier est un obstacle, étant donné qu’il s’apparente à une situation-problème au sens où l’entend Meirieu (1998), c’est-à-dire un dispositif pédagogique comportant un ensemble de décisions, de choix relatifs à l’enseignement et à l’apprentissage, que l’enseignant conçoit de manière à impliquer l’apprenant dans la réalisation d’une tâche caractérisée par un obstacle. Pour surmonter cet obstacle, l’élève est mis dans l’obligation d’acquérir des connaissances nouvelles à utiliser de diverses manières.
Force est de constater qu’un atelier d’écriture réunit les caractéristiques d’une « situation-problème » ou d’une « tâche-problème » (Dumortier, 2000) : il confronte les élèves à des obstacles qui sont à leur portée et qu’ils vont apprendre à dépasser en construisant eux-mêmes les stratégies nécessaires à leur réussite. Faire écrire en atelier permet effectivement de diversifier les situations d’apprentissage, de mobiliser le potentiel imaginatif des élèves que l’on soustrait ainsi à l’obligation d’accumuler, de digérer et de régurgiter des connaissances structurées selon une logique d’adulte.
Un atelier d’écriture favorise l’implication des élèves par la grande variété d’activités proposées et par la gratification qu’il garantit, à savoir un texte écrit avec une relative facilité, dans des conditions agréables, avec, à la clé, des émotions positives : la fierté et le plaisir qui donneront un éclairage nouveau au prochain exercice d’expression écrite. Est-il besoin de rappeler que la réussite est un puissant facteur de motivation ?
De surcroît, le travail d’écriture s’effectue au sein du groupe-classe et toute forme de compétitivité est délibérément évacuée, de même que les « étiquettes » de bon ou de mauvais écrivant, puisque l’atelier ne table ni sur les acquis de l’élève, ni sur ses « dons ». Un atelier d’écriture vise à faire écrire tous les élèves, à leur donner l’envie et les capacités d’écrire. Enfin, il est bon que le professeur participe à l’acte d’écriture, mais en considérant son texte comme une production parmi d’autres, donc en se dépouillant de l’image du « maître qui sait ».
Au terme d’un atelier, les élèves se sont approprié de nouvelles connaissances, ont acquis de nouveaux savoirs qu’ils ont construits eux-mêmes et en étroite collaboration avec les autres écrivants. Ils ont assimilé des processus cognitifs auxquels ils peuvent se référer dans les situations-problèmes de la vie extrascolaire.

Un exemple !

Comment démarrer une tâche-problème d’écriture axée sur l’acquisition des bases de l’argumentation, à partir du thème de l’exclusion et de la différence ? Commencer par déposer au milieu d’une table des animaux (en plastique !) qui inspirent la répugnance : rats, araignées, insectes divers… sans annoncer le sujet de l’atelier.

Phase 1. Par groupes de deux, les élèves choisissent un animal et notent, sur une feuille de papier, les mots, les expressions qui leur viennent à l’esprit à la vue de cet animal. Les listes sont affichées et lues.
Phase 2. Chaque duo récupère sa liste et reçoit la consigne de se mettre dans la peau de l’animal pour écrire un texte où il dit ce qu’il pense de ces deux individus qui viennent de dresser la liste des connotations, souvent très négatives, qu’ils lui associent. Pour écrire ce texte en je, il faut réutiliser le plus grand nombre d’expressions figurant sur la liste.
Phase 3. Tous les participants forment un cercle. Chaque duo désigne l’animal auquel il destine son texte, qui est ensuite lu au nom de l’animal choisi dans la phase 1.
Phase 4. Analyse réflexive : il s’agit de déterminer le thème de l’atelier et d’expliquer ce que cet exercice a appris à chacun. Les textes produits au terme de cet atelier offrent à la classe un questionnement pertinent en préalable à leur futur exercice d’expression écrite sur le thème de l’exclusion.

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T comme travail

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(suite à lire dans la revue)