« FLU, français langue usuelle
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Éditorial (Jacques Lefèbvre)
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Éditorial
La SBPF et l'équipe qui l'anime depuis le renouvellement du conseil d'administration, en décembre 2002, ont essayé de faire du bon travail. Après trois publications à caractère littéraire (Des mots et des images 1 et 2, et Simenon, l'enquête), voici un nouveau numéro que nous espérons particulièrement utile : il s'agit d'un numéro sur le FLU, ou français langue usuelle, c'est-à-dire cette langue qui se veut limpide et rend l'interlocuteur accueillant. Souvent regardée de haut sinon méprisée, parce que prompte à suivre les modes et la pente de la facilité, elle n'en permet pas moins de vivre au quotidien. N'est-elle pas un des principaux moyens d'intégration, une clé qui donne accès au travail, à la participation citoyenne et à la vie associative ? Elle doit donc être enseignée avec rigueur et conviction. Bien employée, elle dissipe souvent des malentendus. Maîtrisée, elle ouvre à l'information, celle qui passe par les médias comme par les formulaires administratifs. La prise en compte de textes fonctionnels dans une collection de manuels Auteur de manuels, Jean-François Cabillau s'est intéressé à la prise en compte de textes fonctionnels dans une collection de manuels de français, d'autant que la version de 1999 des Socles de compétences met l'accent sur le fait que le français est la langue de référence de tout apprentissage, qu'il est un moyen d'épanouissement à la portée de tous. L'apprentissage de la langue d'enseignement comme facteur de réussite scolaire Pour Alain Braun, il faut favoriser l'accès au registre de la langue d'enseignement pour assurer la réussite scolaire du plus grand nombre. Or la spécificité du français scolaire par rapport à l'usage courant est grande.
Pour que l'élève se développe harmonieusement, il doit pouvoir interagir avec le monde qui l'entoure. Il doit pouvoir percevoir ce qui se passe autour de lui, y donner un sens, exprimer ce qu'il ressent et ce qu'il conçoit. Le langage est un des moyens de communication que l'enfant s'approprie petit à petit ; il l'acquiert intuitivement, « naturellement », pour l'apprendre ensuite à l'école dans sa globalité systématique et raisonnée. L'écriture de commentaires de schémas : une opération de transcodage à enseigner Monique Denyer nous montre l'intérêt de savoir comprendre des schémas. Ceux-ci sont de différentes natures : narratifs, descriptifs, explicatifs… Ils ne se lisent donc pas tous de la même façon. En général, le schéma est l'outil du professeur (il intervient en début de leçon ou comme synthèse) ; jamais on ne le fait construire par l'élève. L'auteur, à travers toute une série d'exemples de schémas, illustrations, figures, photos, dessins, etc., montre l'importance de l'apprentissage de la lecture, du décodage, de l'identification des différentes données, et les difficultés de l'écriture du commentaire de ces mêmes représentations. Elle conclut :
En définitive, l'opposition qui semble résumer les spécificités des représentations textuelles et schématiques est la suivante :
Les savoir-faire attendus d'un lecteur de schémas seront donc
Les savoir-faire nécessaires au transcodage en texte porteront sur
la séquentialisation au niveau de la phrase et du texte Comment analyser et exploiter un texte fonctionnel
Luc Collès propose une méthodologie pour tirer parti d'un texte fonctionnel. Le travail se fait en deux temps. L'analyse prépédagogique met en évidence toutes les virtualités du document. L'analyse pédagogique convertit celle-ci en démarche de classe. À une analyse prépédagogique peuvent donc correspondre plusieurs fiches pédagogiques. L'application concerne ici une classe de FLE, mais pourrait être transposée en FLM. « Osons écrire en classe d'accueil », ou comment enseigner un texte du quotidien en milieu multiculturel Sonia Bonkowski souligne l'intérêt d'un parcours d'écriture centré sur les écrits du quotidien. Il faut oser écrire avec les élèves, dès la classe d'accueil, écrire collectivement en passant par l'oral, en usant des jeux de rôles, et surtout en veillant à bien baliser la situation de communication et, ce qui n'est pas moins important, en faisant voir aux élèves que leur travail servira à quelque chose. Le parcours d'écriture décrit ici est le résultat d'un travail d'équipe réalisé et expérimenté par des enseignantes de diverses écoles lors d'une formation Icafoc dont Jean-Luc Vanschepdael et moi-même étions les formateurs. L'objectif du parcours est de proposer à des élèves d'accueil, pour la plupart issus de l'immigration, d'écrire une lettre afin d'inviter leurs familles à une exposition réalisée en classe. Texte empreint de codes sociaux bien marqués et de règles bien précises liées au genre, texte qui, sous ses aspects relativement simples, fut un réel défi tant pour les enseignantes participant à la formation que pour leurs élèves qui rédigèrent l'invitation. Pourquoi écrire est-il un défi en classe d'accueil ?
Faire rédiger des textes même courts à des enfants de classe d'accueil, fragilisés du point de vue de l'écrit comme de la lecture, relève de la gageure. Le défi est d'autant plus grand lorsqu'il s'agit d'enseigner le français à des élèves dont ce n'est pas la langue maternelle. Souvent meurtris par l'échec vécu dans le fondamental, affectivement traumatisés, ces enfants relégués dans une classe « spéciale » vivent souvent l'école et ses tâches sur le mode du refus ou de l'échec.
Mais là ne réside, toutefois, pas la plus grande difficulté ! L'obstacle principal est la croyance qu'il faut un certain ordre dans les apprentissages, à savoir, d'abord et avant tout installer les « fameuses bases ». Celles-ci décortiquent la langue en mots et en phrases régis par des règles de grammaire et d'orthographe. L'abord du texte dans sa globalité n'est prévu dans le meilleur des cas qu'en fin de processus. On propose ainsi aux élèves, hélas trop souvent, comme seuls exercices écrits, des phrases décontextualisées, simplistes et désuètes. L'apprentissage de l'écrit envisagé sous le seul angle du drill n'installe alors chez le jeune apprenant qu'un réflexe mimétique de surface. L'acte d'écriture lui reste dès lors extérieur et totalement dépourvu de plaisir et de sens ! On comprend que face à ce « stretching » orthographique et grammatical, les moins doués baissent les bras, humiliés et persuadés qu'ils seront à jamais vaincus par les mots. Un parcours en diverses étapes
Le parcours se présente sous la forme d'un enchaînement de séquences d'apprentissages utiles et signifiantes les unes par rapport aux autres, toutes œuvrant à l'accomplissement du texte final. Ce chantier d'écriture, comme dirait Josette Jolibert (voir Former des enfants producteurs de textes, Hachette-Éducation, coll. « Pédagogie pratique à l'école ») dont la démarche nous a fort inspirés, est découpé en cinq grandes étapes : (la suite dans la revue)
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