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L'éditorial du Président
Bilan et projets...
L'ABPF a tenu, ce 18 février 2008, son assemblée générale. Certains administrateurs ont souhaité, avec raison, qu'à cette occasion, je dresse un rapport moral : les activités menées l'an passé nous ont-elles rapprochés des buts de l'association ? Celle-ci, on le sait, doit rendre plus efficace le travail de l'enseignant en Communauté française de Belgique et dans les pays avec lesquels ont été passées, sous l'égide du CGRI, des conventions de partenariat.
Pour préciser les attentes de nos collègues, grâce à Jean-Luc Davagle, nous avons lancé une vaste enquête : « Métier : professeur de français ! » Elle a suscité beaucoup de réponses. Il y apparaît que l'enseignant de français, en Communauté française, est passionné par son métier, même s'il demande beaucoup de temps et d'énergie. L'ABPF doit donc mettre en œuvre toutes ses ressources pour optimaliser ce travail et le faire reconnaître à sa juste valeur par l'ensemble de la société, plus précisément par les élèves, les parents, les collègues, les directions, l'inspection, mais encore par les fonctionnaires et le ou la ministre qui ont l'enseignement dans leurs attributions. Des après-midi d'échange sur les résultats de l'enquête auront lieu à Mons, Liège et Bruxelles.
L'ABPF a son mot à dire sur le contenu et la méthode des cours de langue et de littérature. Pour émettre des avis éclairés tant par la recherche que par la pratique, elle consulte une cellule pédagogique animée par Robert Massart : ses propositions se concrétisent par le biais de Français 2000, du site, des journées de formation.
Français 2000, dirigé par Hélène Abraham, ouvre largement ses colonnes à la didactique et propose des documents utilisables en classe. Présentation soignée, style sérieux. À la version bis, la créativité graphique d'Henry Landroit donne des allures de magazine. Sur ces publications qui jouent bien leur rôle, me semble-t-il, j'aimerais demander l'avis de la cellule pédagogique et des professeurs. Peu de lecteurs, en effet, réagissent quand nous le leur demandons.
Le site a fait peau neuve. Henry Landroit l'a réorganisé pour qu'il vous informe sur nos activités et nos projets. Je compte aussi sur vous pour l'alimenter. Il est, par sa capacité et sa rapidité d'information, le complément de Français 2000.
Les dernières journées d'étude organisées le samedi par nos soins n'ont pas attiré la foule. Nous sommes dès lors devenus « opérateur » pour l'IFC (Institut de formation en cours de carrière). Nos propositions sont acceptées et réalisées, si nous choisissons de bons thèmes et des modalités qui favorisent l'inscription des enseignants avec l'accord des directions. C'est le cas cette année, avec les deux formations collectives de deux jours animées par Françoise Chatelain et Nicole Braekman. Suivant l'avis des enseignants consultés sur ce point par l'enquête et celui de la cellule pédagogique, nous avons décidé, pour 2008-2009, d'une formation sur l'enseignement du vocabulaire.
Régulièrement invités à intervenir lors de formations organisées par des associations d'enseignants de français à l'étranger, nous y montrons qu'en CFWB existe une vision de la francophonie, de la langue, de la littérature et de l'enseignement qui vaut la peine d'être connue ; nous engageons le dialogue interculturel pour éviter que les identités ne soient meurtrières. Ces missions, certains le rappellent régulièrement, ne doivent pas nous détourner de ceux qui enseignent en Communauté française. Je les ai donc limitées à sept pays, en fonction de la fiabilité des associations avec lesquelles nous sommes amenés à collaborer : la Roumanie, la Répu-blique tchèque, la Bulgarie, la Russie, la Pologne, l'Algérie, le Maroc. Des collègues étrangers reçus en Belgique sont invités à des formations en FLE sérieuses, organisées par des universités ou des hautes écoles.
Jusqu'ici, le bilan est positif. Mais n'y a-t-il pas des domaines où il faut progresser ?
Le recrutement, d'abord. Une association professionnelle n'est crédible que si elle regroupe un nombre significatif des personnes qu'elle doit représenter. Pour augmenter le nombre de nos affiliés, je ne vois qu'un moyen : prouver aux enseignants de français - dont les instituteurs, premiers concernés par l'apprentissage de la langue - la nécessité et la valeur de nos actions. Le groupe des professeurs relais animé par notre vice-présidente, Christiane Buisseret, joue ce rôle. Régulièrement informés de nos projets et activités, ils les communiquent à leurs collègues de manière personnalisée, établissant un lien entre leurs souhaits et nos ressources. Il faudrait, en 2008, un professeur relais par établissement .
Mais il ne suffit pas d'être plus nombreux, il faut aussi susciter des collaborations : certaines tâches ne demandent pas toujours une présence physique à des réunions mais se réalisent à domicile et via le Net.
Dans un an, le conseil d'administration sera partiellement renouvelé. Y siégeront un autre président, un autre secrétaire, un autre rédacteur en chef, un autre trésorier. Dès à présent l'équipe d'animation doit s'étoffer, devenir un groupe où peu à peu se manifestent celles et ceux qui ont la disponibilité et les compétences pour s'engager dans telle ou telle fonction.
La présidence, croyez-le, n'occasionne pas que du travail. Elle permet de vivre avec une équipe des moments passionnants, surtout quand un projet se réalise grâce aux ressources, à la créativité et au dynamisme de chacun. Robert Massart ne le démentira pas : le secrétaire joue un rôle capital pour conserver et faire circuler l'information, avec un style personnel, trouvant la forme qui convient au fond. Diriger la revue, c'est connaître certes le stress de l'éditeur, mais aussi en éprouver les plaisirs : découvrir des textes inattendus et ouvrir en primeur un numéro de Français 2000 qui fleure bon l'encre d'imprimerie... Hélène Abraham en conviendra. Le poste de trésorier paraît étranger à un littéraire. Mais faut-il l'être pour le remplir ? Cette fonction est essentielle à la santé de l'association car elle permet d'obtenir des subsides. Depuis plusieurs mois, Daniel Noul attend un successeur.
Ce bilan, on le voit, fait état de solides réalisations en 2007 et de beaux chantiers pour 2008, il est à l'image de la vie qui demande d'être toujours en projet. Rien n'aurait pu naître sans l'aide de la Communauté française, du Fonds national de la littérature, du CGRI et de la Direction générale des affaires culturelles du Hainaut. Mais rien non plus, sans le travail d'une équipe. Je tiens à la remercier chaleureusement. J'avoue la solliciter beaucoup… Impossible toutefois d'exprimer à chacune et chacun toute ma reconnaissance de manière dûment circonstanciée. Pour cela, il faudrait bien plus que les quelques pages réservées à l'édito et surtout, je devrais dévoiler beaucoup de ce qui a été fait dans le secret, la discrétion, la modestie, bref, par générosité.
Dossier : Tout FLE tout flamme !
Avant-propos
Le français langue étrangère est une chanson douce. Il vous trottine dans la tête, insidieusement, et bouleverse votre appréhension du monde : un jeu, une inscription sur un mur, une enseigne, une chanson, une bande dessinée, une image, un film, tout entre dans le cartable du professeur de français langue étrangère. Celui-ci a en effet une chance énorme : celle de pouvoir puiser sans fin dans l'ici et l'ailleurs pour donner corps à ses cours.
La bossa nova ou bosse du FLE est arrivée. Cherchez-la, vous la repérerez dans vos photos de vacances, dans le gros plan idéal sur les fruits et les légumes pour vos débutants, ou dans le DVD du film que vous conservez tellement il recèle de dialogues qui illustrent une réclamation.
Vous l'aurez compris, ce présent numéro de Français 2000 est un coup de cœur pour le FLE, une chambre avec vue sur des pratiquants fervents, qui, de la Communauté germanophone à la Communauté flamande en passant par la Bulgarie, la France, la Belgique francophone et la Suisse, vous partagent une petite fleur de leur jardin d'hiver.
La mondialisation de l'économie, l'afflux des migrations et la mobilité étudiante s'imposent davantage de jour en jour. En 2001, le Conseil de l'Europe en pince pour les langues étrangères. Le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) est arrivé. Sans se presser, cet immense répertoire de compétences de réception, de production et d'interaction écrites et orales convainc ou séduit les enseignants ; il les incite à modifier leurs cours et à adopter la pédagogie de la tâche. Il définit six niveaux d'apprentissage, désormais communs à tous les pays membres du Conseil de l'Europe : A1 et A2 pour les débutants, B1 et B2 pour les intermédiaires, C1 et C2 pour les avancés.
J'aimerais tant voir des passerelles entre le français langue étrangère et le français langue maternelle : je puise personnellement mon inspiration aussi bien dans l'enseignement fondamental que dans l'enseignement secondaire pour préparer mes cours destinés à des universitaires allophones ; mais je me suis également beaucoup inspirée de la créativité du FLE pour nourrir mes cours de français destinés aux élèves des deux dernières années de l'enseignement secondaire. De plus, socialement parlant, le public des classes de français langue maternelle se métisse peu à peu, et il n'est pas rare d'accueillir un élève dont le français n'est pas la langue maternelle dans un cours consacré au Serpent qui danse de Charles Baudelaire.
Le français germe chez les petits enfants belges ou suisses, qui l'apprennent au départ d'un jeu ou d'un imagier, il mûrit en Bulgarie, au sein d'une classe bilingue ou au détour d'un projet de roman-photo dans un lycée allemand. Il s'éclate en jeux, en chansons, pour le plaisir, pour la culture, pour la langue abordées autrement. Il s'interroge et s'engage avec le conte de Georges Moustaki ou la bande dessinée de Marjane Satrapi.
Je voudrais remercier tous les étranges hères, tous ces professeurs de FLE qui contribuent à sa vitalité.
Je tiens également à remercier très chaleureusement Luc, Hélène, Christine, Gueorgui, Élisabeth, Brigitte, Virginie, Karine, Julie, Guillaume, Patrice, Claude, Emmanuelle, Christine et Thierry, sans qui ce numéro n'aurait pu être.
Geneviève Briet, maitre de langue française et présidente du Département de français de l'Institut des langues vivantes, Université catholique de Louvain, coordinatrice du numéro.
Apprendre la langue de ses voisins tout en s'amusant...
Comment se passe l'apprentissage du français chez des enfants germanophones de 6 à 12 ans ? Brigitte Eubelen, institutrice francophone à l'école primaire de Recht, en Communauté germanophone, pratique la pédagogie différenciée au quotidien avec les 111 enfants de son établissement. Maitresse spéciale de français, elle s'est créé une méthode intermédiaire entre l'immersion prônée ces dernières années par quelques écoles de la Communauté française et l'enseignement traditionnel des langues étrangères dans l'enseignement fondamental.
L'article de Brigitte Eubelen se trouve dans la revue papier aux pages 8 à 14.
À propos de l'aventure éditoriale Migrilude…
L'article de Virginie Picardat, directrice de bibliothèque et éditrice, figure aux pages 15-19.
Migrilude = mot-valise : migration + ludique
Fiche technique des publications :
Joyeux Noël ! : 36 pages couleur, ISBN 978-2-9700537-0-5
Bon appétit Suzy ! : 40 pages couleur, ISBN 978-2-9700537-1-2
Animaux-zigotos : 36 pages couleur, ISBN 978-2-9700537-3-6
Les fruits, quelle salade !: 40 pages couleur, ISBN 978-2-9700537-2-9
Suzy lit : 36 pages couleur, ISBN 978-2-9700537-4-3
Livres recommandés dès le plus jeune âge
Format : 15,5 x 14,5 cm
Prix public : 10,90 euros par livre
Contact, vente, diffusion :
Virginie Picardat
Editions Migrilude
Case postale 111
CH-2900 Porrentruy
Tél et Fax : + 41 32 466 25 14
migrilude@yahoo.fr
Une approche basée sur la tâche
Karine Van Thienen est formatrice au Service de formation continue et de relations internationales du VSKO (Vlaams Secretariaat van het Katholiek Onderwijs, rue Guimard 1, Bruxelles), et conseillère pédagogique de FLE (DBOC, Bon Bosco Onderwijscentrale, Heverlee). Elle décrit ici une méthode d'enseignement particulièrement efficace et elle l'illustre abondamment : en combinant une approche basée sur la tâche et les principes d'un apprentissage autodirigé, l'apprenant est soutenu dans ses processus d'acquisition langagière et il apprend en même temps à gérer ses propres apprentissages. Pour une approche actionnelle privilégiée par le Cadre européen commun de référence pour les langues du Conseil de l'Europe.
Voici un extrait particulièrement pratique de cet article : des idées de « tâches » à proposer aux élèves.
Si l'envie vous prend, voici une typologie qui peut donner des idées… (p. 26-27).
1. Raconter
Les élèves recherchent des informations et les travaillent (résumé, repérage des informations pertinentes, reformulation ciblée sur un public spécifique...) pour raconter ou expliquer à d'autres. Exemple : le mode d'emploi d'une caméra vidéo.
2. Assembler
Les élèves recherchent des informations, font une sélection et arrangent les textes pertinents selon un format et un objectif spécifiques. Exemples : un livre de recettes pour enfants, une anthologie, un dossier de presse sur l'école, une exposition...
3. Résoudre un mystère
Les élèves analysent une situation donnée. Ils cherchent des rapports logiques. Ils explorent les différentes possibilités et les éliminent une à une pour arriver à la solution qui convient le mieux selon eux. Exemples : la solution d'une énigme policière ou autre, l'explication d'un phénomène scientifique...
4. Faire un compte rendu
Les élèves font le compte rendu d'un événement. Ils recherchent des informations, les trient et les organisent selon le type de texte demandé. Exemples : un rapport scientifique, un article pour la revue de l'école, le compte rendu d'une réunion d'actionnaires d'une mini-entreprise...
5. Créer
Les élèves inventent un produit ou rédigent un mode d'emploi, des directives pour exécuter une tâche. Le produit final correspond à des besoins réels d'une certaine catégorie de personnes. Il est présenté au public cible. Exemples : un site web dans le cadre d'un projet, une excursion ou un voyage pour la classe, une campagne écologique pour l'école, une tâche pour un autre groupe...
6. Une création artistique
La découverte d'une thématique aboutit à la création d'une œuvre d'art dans un genre déterminé. Exemples : un haïku, un tableau cubiste, un rap, un roman-photo, un feuilleton radio...
7. Rechercher un consensus
À partir d'opinions ou de points de vue divergents, ou d'informations incomplètes, les élèves cherchent une solution qui convienne à tous les partis et présentent le consensus auquel ils sont arrivés. Exemples : un code de conduite pour le travail d'équipe, le manifeste d'un nouveau parti politique...
8. Persuader
Les élèves mettent sur pied une argumentation visant à persuader leur auditoire. Ils recherchent des sources corroborant leur point de vue et explorent éventuellement comment réfuter des contre-arguments. Ils organisent arguments et réfutations. Exemples : un plaidoyer pour la suppression des devoirs à domicile, une campagne électorale pour le conseil des élèves...
9. Faire des réflexions personnelles
Les élèves font des réflexions personnelles pour des motifs personnels ou dans le contexte de leur fonctionnement au sein d'une équipe, éventuellement en se basant sur des instruments existants. Exemples : une analyse SWOT (strenghts, weaknesses, opportunities, threats), planifier une carrière...
10. Analyser
Les élèves essaient de découvrir des rapports entre des éléments (similitudes, différences, causes, effets...) et de les expliquer. Ils essaient également de dénommer les implications de leurs découvertes. Exemple : une étude comparative des habitudes culinaires des Anglais et des Français.
11. Porter un jugement
Les élèves étudient une situation, un système... et portent un jugement ou font un choix entre un nombre défini de possibilités. Il s'agit de trouver la meilleure solution et de pouvoir la défendre. Exemples : la sélection d'un nouveau directeur pour l'école, la présentation du meilleur achat en matière de portables ou de lecteurs MP3...
12. Faire de la recherche
Les élèves analysent une situation, un phénomène... selon une méthode scientifique. Ils étudient, par exemple, des sources, ils émettent une hypo-thèse et la testent pour voir si elle est valable. Ils peuvent également faire une enquête ou une expérience scientifique. Exemples : le compte rendu d'un sondage sur le décrochage scolaire, une expérience scientifique...
Travailler la compétence interculturelle à partir d'une bande dessinée autobiographique : Persepolis de Marjane Satrapi
Guillaume Gravé-Rousseau et Patrice Rousseau, tous deux professeurs de français langue étrangère à l'École européenne de Luxembourg et de Bruxelles, invitent à la lecture en classe de la BD de Marjane Satrapi, Persepolis, dont l'adaptation cinématographique a reçu le Prix du Jury à Cannes en 2007, un double César et une nomination à l'Oscar des films d'animation en 2008. Ils nous montrent ici les enjeux d'une telle entreprise, et chaque enseignant (de français langue maternelle aussi...) pourra exercer dans ce projet sa créativité et ses compétences d'analyse, et même prolonger la lecture par la projection du film, offrant ainsi à sa classe un parcours d'une grande diversité et d'une grande richesse.

NDLR - Persepolis fait toujours l'actualité : livre et film sont çà et là frappés d'interdiction. Une occasion pour le professeur de français, non seulement d'inscrire cette œuvre dans un parcours autobiographique (cf. le dernier concours de l'Atelier de lecture de Montegnée, 2007-2008), ou dans un parcours sur la BD et le roman graphique, ou encore sur l'interculturel, mais aussi de réfléchir aux questions fondamentales de « liberté d'expression vs censure » (consulter l'ouvrage collectif Censure, autocensure et art d'écrire, dirigé par Jacques Domenech, éd. Complexe, 2005).
L'interculturel ou la guerre
L'Interculturel ou la guerre est le titre d'un ouvrage (2005) d'Issa Asgarally, journaliste et écrivain de l'île Maurice : une mosaïque de cultures - anglaise, chinoise, française, indienne -, de religions - chrétienne, hindoue, musulmane -, et de langues - créole, français et anglais s'entremêlent quotidiennement en une sorte de « scoubidou » linguistique - qui façonnent l'identité mauricienne. L'interculturel ou la guerre, c'est aussi une démarche que Claude Bourgeois vous propose ici. Spécialiste de l'interculturel, elle a dirigé des centres de langue au Caire et au Japon, en passant par Lyon, Paris et Vichy.
Public, objectifs et support
Public : grands adolescents
Niveau de français : niveaux B1, B2 du CECR (Cadre européen commun de référence)
Compétences : compréhension écrite, expression écrite et expression orale ; compétence culturelle
Support : Le Mur, nouvelle écrite par le poète et chanteur Georges Moustaki (extraite de Sept contes du pays d'en face, © Actes Sud, 2006)
Sur un air de FLE... Apprendre avec des chansons francophones actuelles
Annexe de l'article d'Emmanuelle Rassart
Annexe : sélection de ressources pour appréhender la chanson actuelle dans sa dimension visuelle
Pour visionner des chansons en entier et en toute légalité
: la nouvelle génération de chanteurs francophones se produit en acoustique dans l'émission « Studio 5 ».
La rubrique « clips » propose dans leur intégralité des chansons francophones récentes.
Enregistrements de chansons interprétées en direct dans l'émission « Acoustic » (+ fiches pédagogiques, biographies et paroles)
Pour faire la connaissance d'un artiste en images et en mots :
l'émission quotidienne de France 2 « CD d'aujourd'hui » présente en deux minutes un nouvel album (interview de l'artiste et extraits musicaux).
Pour commander le matériel pédagogique gratuit développé par le CAVILAM : le CAVILAM propose des compilations (Génération française, In Bloom), des DVD ou VHS de clips récents accompagnés de fiches pédagogiques (Des clips pour apprendre et Paroles de clip).
Sites Internet des artistes cités dans le texte
Les ogres de Barback
Amadou Mariam
Benabar
Camille
Clarika
Jeanne Cherhal
Marie Cherrier
Mickey 3D
Pierre Lapointe
Qui 2 nous 2 (M)
Raphaël
Sacha
San Severino
Stéphanie Blanchoud
Vincent Delerm
Thomas Fersen
Abd Al Malik
Les activités ludiques en classe de FLE : l'art d'instruire et d'apprendre avec plaisir
Le jeu fait partie de nos vies. Il nous autorise, pour un temps, à sortir de « l'ici et maintenant », à expérimenter, imaginer, créer, tester notre capacité à résoudre des problèmes nouveaux.. Des jeux existants, transformés, prolongés ou adaptés avec de nouvelles variantes sont un véritable vivier de ressources pour l'enseignement du français langue étrangère, ou langue maternelle.
L'article figure aux pages 56 à 64, avec une description très précise de plusieurs activités ludiques, efficaces, qui donnent le goût de l'écriture et dynamisent une classe.
Bibliographie
Balazard S. et Gentet-Ravasco E., Le Théâtre à l'école, techniques théâtrales et expression orale, Paris, Hachette Education, « Pédagogie pratique à l'école », 2003.
Bideau A., Apprendre, se distraire et créer avec le jeu, 10 jeux à fabriquer, Lyon, Chronique sociale, 2006.
Boucher A. M., Duplantie M. et Leblanc R., Pédagogie de la communication dans l'enseignement d'une langue étrangère, Bruxelles, De Boeck, « Pédagogie en développement », 1988.
Boussand-Rio D. et Levoir F., Jouer pour réussir, accompagner un enfant dans sa scolarité, Paris, Belin, 2007.
Brasseur P., Soyons créatifs, Tournai, Casterman, 2002.
Cardinet J., Pour apprécier le travail des élèves, Bruxelles, De Boeck Université,
« Pédagogie en développement », 1986.
Caré J.-M. et Debyser F., Jeu, langage et créativité, Paris, Hachette/Larousse, 1978.
Carelman, Catalogue d'objets introuvables, tome 1 et 2, Paris, Le Livre de Poche, n° 4037 et 5289.
Chamberlain A. et Steele R., Guide pratique de la communication, Paris, Didier, 1991.
Collignon J.-P., Laygues B., Sommant M., Tournade M.-H. et Valade A., Testez votre français, Paris, Albin Michel, « Les Dicos d'or de Bernard Pivot », 2003.
Coppens B. et Lemaître P., L'Atelier des mots, Tournai, Casterman, 2002.
Coran P. et Lemaître P., L'Atelier de poésie, Tournai, Casterman, 1999.
Coste D. et al., Vingt ans dans l'évolution de la didactique des langues (1968-1988), Paris, Hatier, « Langues et apprentissage des langues », 1994.
De Grandmont, Pédagogie du jeu, Paris-Bruxelles, De Boeck Université, « Pratiques pédagogiques », 1997.
Delsaux N., Desorbay B., Jottard J. et Sambray H., Langue en jeux, Bruxelles, Centre socio-culturel des immigrés de Bruxelles, 1990.
Galisson R., Des mots pour communiquer, éléments de lexicométhodologie, Paris, Clé International, « Didactique des langues étrangères », 1983.
Galisson R., D'hier à aujourd'hui : la didactique générale des langues étrangères, Paris, Clé International, 1993.
Grisay A., Mettre en jeu le français, Bruxelles, Labor, « Le français modes d'emploi », 1985.
Jeux de langue, Coproduction de la Maison de la francité et de la Commission communautaire française, Bruxelles, Service Ludothèques, 1993.
Jung C. G., Essai d'exploration de l'inconscient, Paris, Gonthier, 1964.
Kramsch C., Interaction et discours dans la classe de langue, Paris, Hatier-Credif, « Langues et apprentissage des langues », 1984.
Landroit H., 100 Jeux de langue, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, mars 2004.
Lecarme P. et Audouin L., Le Grand Livre des copains, Tournai, Casterman, 2003.
Mallie P. et Lemaître P., 1001 conseils pour écrivains en herbe, Tournai, Casterman, 2004.
Mille et une idées pour se parler, Bruxelles, Collectif Alpha.
Rabecq-Maillard M. M., Histoire des jeux éducatifs Nancy, Fernand Nathan, 1969.
Weiss F., Jeux et activités communicatives dans la classe de langue, Paris, Hachette, « F autoformation », 1983.
Réalisation rapide d'un roman-photo bilingue
Expérience pédagogique imaginée et conduite par Christine Burkhard,
enseignante de FLE au Gymnasium Dr Konstantin Gelabov, lycée public no 91 de Sofia.
Objectifs
Répéter, exercer et compléter les acquis d'une classe de FLE
Encourager la créativité des élèves
Comparer deux langages : l'écrit et l'image
Utiliser une technologie nouvelle
Réaliser un produit visuel accessible à l'ensemble des élèves de l'école
Cadre de l'expérience
Une classe FLE du secondaire supérieur avec un effectif d'élèves assez faible (entre 6 et 12)
Des élèves ayant tous accès à une messagerie électronique
À définir. Qui conduit le 'Cahier des photos à prendre' (si possible un élève). Qui prend les photos (l'enseignant ou un élève ayant un petit rôle). Qui applique le texte sur les photos (si possible un élève).
Prérequis nécessaires
Le niveau en français. L'expérience peut être conduite dès la première année de FLE. Plus les élèves sont avancés, plus le travail de l'enseignant est simple. Conduite dès que les élèves dominent les temps principaux, l'expérience est particulièrement convaincante et utile.
Le langage du roman-photo. Ce genre a perdu de sa popularité. S'assurer que les élèves comprennent de quoi et comment est fait un roman-photo en leur présentant au moins un exemple.
Les plans et angles de prise de vue dans la photo. La manière de prendre les photos participe grandement de la réussite du produit final. Les planches d'une bonne BD peuvent faire l'affaire pour distinguer les différents plans et prises de vue (du très gros plan au plan panoramique, la plongée, la contre-plongée).
Investissement en temps
Env. 16 périodes d'enseignement
Entre 10 et 16 h de travail de préparation
Démarche conseillée
Travail en classe
Travail de l'enseignant
Devoirs des élèves
A
Définir la trame de l'histoire.
La découper en 5 scènes (ou actes) au maximum.
Définir le rôle et le caractère de chaque personnage/élève.
Résumer les décisions au tableau noir/blanc et demander aux élèves de les relever.
Définir un ou des champs sémantiques pour chaque scène. Etablir une liste de mots utiles pour la 1e scène. Mailer cette liste aux élèves.
Réaliser le document 'Photos à prendre' permettant de relever facilement le contenu de chaque photo prévue (sujet - type de plan - angle de prise de vue - texte) puis photocopier ce document.
Étudier le vocabulaire de base de la 1e scène.
B1
Les élèves rédigent dans la langue d'enseignement, par groupes de 2 à 4, le texte de la 1e scène.
L'enseignant distribue le document 'Photos à prendre'. Prévoir au max. une 20aine de photos par scène.
Reprendre les textes écrits par les élèves et rédiger une version de la 1e scène dont la difficulté est adaptée au niveau de la classe.
Ajouter les outils nécessaires (mots inconnus, remarques grammaticales).
Mailer le texte aux élèves.
Traduire la 1e scène.
Remplir le document 'Photos à prendre'
B2
Corriger la traduction.
Récolter les feuilles 'Photos à prendre'. Discuter les propositions.
Confier si possible la rédaction du 'Cahier des photos à prendre' à un élève.
Établir une liste de mots utiles pour la 2e scène.
Mailer la 1e scène (version corrigée et bilingue) aux élèves.
Étudier le vocabulaire de base de la 2e scène.
L'élève qui s'est engagé établit le 'Cahier des photos à prendre' sur la base des propositions de ses camarades.
B3
à
Bx
Les élèves rédigent la 2e scène dans les mêmes conditions que la première. Voir B1
L'enseignant contrôle la bonne tenue du 'Cahier des photos à faire'.
Voir B1 et B2. Le travail est le même pour chaque scène.
Pour préparer les séances de photos, on peut demander aux élèves d'étudier une scène pas cœur et de la jouer en classe.
Voir B1 et B2
Bx
Reprendre toutes les scènes et s'assurer de la qualité et de la cohérence de l'ensemble.
Surveiller de même le 'Cahier des photos à prendre'.
C1
Reprendre le 'Cahier des photos à faire', définir comment chacun doit s'habiller, les accessoires, etc.…
S'assurer que l'information nécessaire (à la direction, aux collègues…) et les détails logistiques (investissement de certains lieux) soient réglés.
Préparer le matériel nécessaire pour réaliser les photos, l'amener à l'école
C2
Prendre les photos
Confier si possible la manipulation des images à un élève disposé à le faire.
Surveiller la cohérence et la qualité des séries de photos (ce travail peut être fait avec les élèves)
L'élève qui s'est engagé applique le texte sur les photos.
D1
Présenter le travail aux élèves
Discuter le résultat
Faire développer les photos
D2
Exposer le roman-photo
Donner à chaque élève le roman-photo (CD)
Exemple concret : Mystérieuse disparition dans un Gymnase de Sofia
Cadre. Cours facultatif de FLE, 7 élèves de 10 et 11e année (16/17 ans) très motivés. Expérience menée après env. 80 h d'enseignement. Temps consacré en classe : 16 périodes. Classe divisée pour ce travail en 3 groupes.
Trame de l'histoire, rôle et caractère de chaque personnage.
Imposé : le temps (un jour) ; le lieu (l'école) ; le nombre de scènes (5)
Souhaité : intégrer un temps fort de l'année scolaire (les élèves ont choisi d'intégrer la soirée qui rencontre le plus de succès : celle du bal de Carnaval)
Scènes
Résumés
Champs lexicaux
1. Devant l'école
Les élèves arrivent à l'école, se saluent, parlent des événements de la journée (une éva de math, le bal du Carnaval le même soir)
Salutations, vie scolaire
2. Agitation en classe
La meilleure élève n'est pas là. Inquiétude. Le maître de classe alerte la police.
Conversation téléphonique
3. Le commissaire arrive
Un commissaire excentrique arrive. Description de la disparue.
Description physique, vêtements
4. La récolte d'indices
Le commissaire mène l'enquête. Les indices disséminés dans l'école font comprendre que l'élève disparue a mis en scène un jeu de piste.
Bâtiment, pièces, meubles, objets
5. La fête du Carnaval
Grâce aux indices, le commissaire reconnaît sous son déguisement l'élève disparue. Elle est sacrée reine de la soirée.
L'amusement, la fête
Commentaires
1. L'adhésion de chaque élève à son personnage est très importante. Le côté caricatural de chacun (trait de caractère spécifique) facilite la rédaction de l'histoire et est source d'humour. 2.L'enseignant doit particulièrement soigner l'étape B1 : le texte à traduire doit vraiment correspondre au niveau des élèves pour ne pas les décourager.
3. L'absence d'un élève a des conséquences plus lourdes qu'en temps ordinaire. L'expérience soude fortement la classe.
Site intéressant
http://www.francparler.org/fiches/tice_romanphoto.htm
Sofia, février 2008
Une note de lecture de Bernard Delcord
À l'aube d'une critique nouvelle
Les Éditions Gallimard ont confié à Christophe Bident, très éminent spécialiste universitaire de Maurice Blanchot, la tâche délicate de rassembler divers textes rédigés et publiés par celui-ci durant la Seconde Guerre mondiale et de les faire reparaître à l'occasion du centenaire de sa naissance. Coup de génie et coup de maître que ces Chroniques littéraires du Journal des Débats (avril 1941-août 1944) où l'on retrouve, sous l'œil vif du philosophe lévinasso-heideggerien, la quintessence de la littérature de toujours (Dante, Rabelais, Descartes, Montesquieu, Blake, Hoffmann, Mallarmé, Jarry) ou d'alors (Joyce, Montherlant, Mauriac, Sartre, Valéry, Aragon…) Et pour qui s'intéresse aux lettres belges, sa recension du Prélude à l'Apocalypse de Robert Poulet est tout bonnement stupéfiante, celle de Les poids et les mesures de Marcel Mariën proprement formidable et celle des exorcismes dans l'œuvre de Henri Michaux tout simplement magique !
Bernard Delcord
Maurice BLANCHOT, Chroniques littéraires du Journal des Débats (avril 1941-août 1944), Paris, Éditions Gallimard, 2007, collection « Les cahiers de la NRF », 686 pp., 30 €
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