« Des prépas plein nos cartables !»
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Éditorial (Jacques Lefèbvre)
Dossier : « Des prépas plein nos cartables ! »
Langue
Littérature
Pédagogie
Comptes rendus (Anne Marie Abraham, Claire Pirlet, Robert Massart)
Vous écrivez ?
FLE |
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Éditorial : Revenant de Liège où j'avais assisté à la remise des prix du douzième Concours international d'écriture pour adolescents, centré cette année sur le thème de la correspondance, je m'interrogeais sur le succès que remporte cette activité. Le spectacle réalisé par le Théâtre universitaire royal liégeois autour des textes des lauréats montrait bien que l'atout essentiel du concours est de miser sur la créativité. Je crois que c'est une valeur essentielle en pédagogie. Voyons comment elle se développe dans ce cas-ci. Tout d'abord, ce sont des classes qui constituent le jury de ce concours. Ceux qui conçoivent et peaufinent un texte savent qu'ils seront lus par des jeunes. Les pages primées le sont, non parce qu'elles sont les meilleures selon tel ou tel critère ou telle ou telle grille d'évaluation, mais parce qu'elles ont été aimées et préférées à d'autres. Priorité au cœur ! Ensuite, international, ce concours permet que se croisent des écrits de tous les pays et de toutes les cultures : c'est une porte de la francophonie largement ouverte. Il y a enrichissement mutuel des lecteurs et des auteurs.
Nous avons parfois peur de l'innovation et des risques qu'implique la créativité. Aussi l'organisateur du concours offre-t-il une aide pédagogique. Il ne s'agit pas de donner des recettes, mais d'ouvrir des perspectives et d'orienter la recherche. Nous le savons : le talent n'est pas inné. Deux directions indiquées par ce concours - le rôle du théâtre dans l'enseignement du français et la sensibilisation à la réalité de la francophonie -, l'ABPF les suit elle aussi en proposant trois activités pour cette année scolaire. Les 12 et 13 octobre 2006, dans les locaux du CGRI (2, place Sainctelette, 1080 Bruxelles) et au théâtre de La Montagne magique (rue du Marais, 57, 1000 Bruxelles), l'ABPF organise un colloque où participants belges et étrangers pourront débattre de cette double question : comment la pratique du théâtre favorise-t-elle l'expression orale et l'initiation à la littérature ? La participation à ce colloque est gratuite. On peut s'inscrire à toutes les activités ou à une partie seulement. Vous trouverez encarté dans ce numéro un feuillet présentant le colloque et muni d'un formulaire de réponse. Les 16 et 17 novembre 2006, nous nous associons de manière très active au colloque qui célébrera le 100e anniversaire de la Haute École Mons-Borinage-Centre sur le thème de « la maitrise du français ». Là aussi, la participation est gratuite. Les 13 et 21 mars 2007, nous animerons une formation interréseaux IFC, dans les locaux de l'ULB, avenue Roosevelt ; le sujet en sera « La francophonie : quelles langues, quelles cultures, quelles littératures ? » Voilà ce que nous avons voulu mettre sur pied pour emplir vos cartables d'idées dynamisantes. Vous constaterez en outre que ce numéro comporte beaucoup de contributions très pratiques puisqu'il s'agit de leçons, non pas « modèles », mais effectivement données dans des classes. En espérant qu'il rejoindra vos préoccupations, nous vous souhaitons une bonne lecture et une excellente année scolaire.
Jacques Lefèbvre
Dossier : « Des prépas plein nos cartables ! » Préparer des cours est sans nul doute l'une des tâches les plus fondamentales et les plus exaltantes du métier d'enseignant. C'est là que s'exerce au mieux la créativité professionnelle de chacun en même temps que le souci essentiel de joindre l'utile à l'agréable, le jeu au sérieux, les compétences aux appétences. Peut-on exiger pour autant de demander à chaque enseignant de mener ce travail de manière solitaire, en s'appuyant sur ses seules ressources personnelles et en devant constamment sacrifier des heures de son temps libre ? N'est-il pas, au contraire, normal que chacun puisse, à l'occasion, renouveler ses contenus et ses méthodes en s'inspirant du travail que d'autres ont déjà réalisé avec talent ? C'est parce qu'il se veut avant tout un outil au service de la pratique de ses lecteurs que Français 2000 est heureux de leur proposer aujourd'hui, en guise de cadeau de rentrée, un numéro tout entier consacré à des préparations de cours originales et motivantes. Destinées surtout - mais pas seulement - aux 2e et 3e degrés de l'enseignement secondaire, ces neuf leçons portent aussi bien sur des questions de langue (des anglicismes à la contre-argumentation en passant par les enjeux de l'orthographe et par… l'anacoluthe) que sur l'analyse de textes littéraires (de Tzara à Brassens en passant par Desnos, Aragon… et Zebda), et elles ont toutes été réalisées par de jeunes enseignants dans le cadre de leurs stages ou de leurs « leçons publiques » d'agrégation. À ces neuf préparations proprement dites nous avons joint en outre une réflexion stimulante sur « l'École du futur » telle que la conçoit un jeune enseignant au terme de ses études de régendat. Faut-il préciser qu'on ne trouvera ici nul cours « clé sur porte », mais seulement des scénarios que chacun pourra adapter librement au rythme et aux possibilités de ses élèves ? Nous ne formulerons donc qu'un vœu pour conclure cet avant-propos : que ce florilège de suggestions donne matière à des leçons en actes aussi fécondes que passionnantes ! Jean-Louis Dufays, coordinateur du numéro
Le contenu de ce numéro se veut aussi une invitation lancée à chacun et chacune d'entre vous qui enseignez le français, à l'école primaire, au secondaire inférieur ou supérieur, dans une Haute École, à l'université... Vous avez sûrement, dans vos fardes, dans votre ordinateur, voire dans vos archives, des leçons - peut-être pas mises en forme ni rédigées, mais qui ne demanderaient qu'un léger toilettage - qui ont été particulièrement réussies, originales dans leur contenu ou leur approche du sujet, dans lesquelles vous avez investi beaucoup de temps, d'énergie, de créativité, de patience... Une leçon de langue... Le français à la sauce anglaise Public : classes du 2e ou du 3e degré, toutes sections Objectifs
Cette leçon a pour but d'apprendre aux élèves à réfléchir sur un phénomène qui touche la langue française au quotidien. Il s'agira de les pousser à élaborer des hypothèses afin d'établir un, voire plusieurs classements qui mettront de l'ordre dans les nombreux types d'anglicismes existants.
Contenu de la leçon
Pendant la phase de contextualisation, les élèves sont amenés à écouter la chanson « It is not because you are » de Renaud, qui traite, sur un mode ludique et parodique, de la question de l'utilisation très approximative et francisée de l'anglais par un locuteur francophone (accent, pauvreté de la langue, erreurs…). Après avoir brièvement commenté la chanson, les élèves sont amenés par le professeur à deviner le thème de la leçon. L'enseignant les invite, une fois le sujet trouvé, à rédiger la définition, toute spontanée, de ce qu'est, pour eux, un « anglicisme ». Qu'est-ce qu'un anglicisme ? Tentative de classement Dans un premier temps, le professeur demande de repérer, à partir de quatre mini-corpus1, des critères de classement, afin de réaliser une sorte de typologie. Il s'agit, à partir d'une méthode inductive, de demander aux élèves quel critère a pu conduire au classement des anglicismes, répartis en critères de classification et occupant des colonnes distinctes au sein de ceux-ci. a) Premier critère
nylon b) Deuxième critère
has been
redingote c) Troisième critère
boycott
bungalow
stencil d) Un cas à part…
forcing
Les élèves sont amenés, après une observation attentive des tableaux - et éventuellement quelques indices délivrés par l'enseignant -, à découvrir les trois critères de classement qui ont présidé à cette organisation. Ysaline Parisis
Une leçon de littérature...
Public : classes de 4e ou de 5e année, toutes sections
Contexte de la leçon
Compétences visées (Suivent deux textes : « Manifeste cannibale Dada », de Francis Picabia, et « Chanson Dada », de Tristan Tzara)
Déroulement de la leçon
L'objectif poursuivi par l'analyse du texte est double. D'une part, il est attendu que les élèves formulent l'impression générale que produit le texte. D'autre part, il convient qu'ils puissent étayer cette impression générale. Comptes rendus des ouvrages suivants : Chantal Meyer-Plantureux, Les Enfants de Shylock, ou l'antisémitisme sur scène, Bruxelles, Complexe, 2005 (par Anne Marie Abraham) Repères grammaticaux 3/4, Éd. Van In (par Claire Pirlet) Théories et lectures de la relation texte-image, collectif du GRIT (UCL, Louvain-la-Neuve), éd. par J.-L. Tilleuil, Cortil-Wodon, Éditions Modulaires Européennes, 2005 (par Robert Massart). Rubrique « Vous écrivez ? » Deux nouvelles, de Henry Landroit et de Jacques Lefèbvre, et cet appel à nos lecteurs :
Dans le cadre de cette rubrique « Vous écrivez ? », l'ABPF serait heureuse de publier l'un ou l'autre texte littéraire dont vous seriez l'auteur... Poème, nouvelle, conte, essai ou réflexion, bouquet d'aphorismes, voire sketch ou saynète...
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