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Éditorial : C'est la rentrée !
C'est la rentrée ! Et les émotions contrastées ne manquent pas. Cafard de fin de vacances et contraintes retrouvées, certes ; mais aussi impression, quand on ouvre un cahier neuf pour écrire une première ligne, que tout recommence, que tout peut être meilleur.
Dans ce qui débute ou recommence, c'est le possible qui palpite. Il importe plus que les scories, les cendres, les marques du passé. Même s'il est bref, le frisson de l'espoir est précieux. Il permet d'avancer. Il maintient vivant.
En fait, l'abpf, en ce mois de septembre, a dans son cartable plusieurs nouveaux cahiers.
Le premier proposera, régulièrement, des fiches pédagogiques destinées à vous aider, si vous en éprouvez le besoin, à préparer des cours dans l'optique de la pédagogie des compétences. Vous serez informés sur ces fiches par Français 2000, mais aussi via le site abpf.be et par des courriels collectifs, dans la mesure où vous nous avez communiqué ou communiquerez votre adresse électronique, à Jean-François Cabillau ou à moi-même. Ces fiches seront produites par vous et par notre équipe. Certaines paraîtront dans Français 2000. N'hésitez pas à nous dire quels thèmes vous souhaitez voir aborder dans ces fiches. L'évaluation ? L'oral ? Les productions écrites ? L'enseignement de la langue ? Nous examinerons très volontiers les fiches que vous proposerez de partager avec vos collègues et nous les diffuserons par les canaux dont nous disposons.
Le deuxième cahier s'ouvre sur les journées d'étude. Nous en proposons deux dans le cadre de l'IFC. La première fera éclater des cadres rigides et des représentations étroites. Elle vous mènera à La découverte de la diversité linguistique, culturelle et littéraire du monde francophone, les 18 et 19 octobre 2005, à Bruxelles, à l'ULB. La seconde plongera dans la réalité des ados branchés sur le net et accros du portable. Elle analysera Le français en ligne ou la langue des TICs, efficace ou iconoclaste ?, le 10 mars 2006 à Namur, à la Haute École de la Province, rue Henri Blès. Vous trouverez une présentation détaillée de ces formations sur le site de l'IFC. Inscrivez-vous au plus tôt. Ces formations ne peuvent que vous intéresser. Elles vous permettront de retrouver l'équipe et les membres de l'abpf. Le troisième cahier a trait aux relations internationales de l'abpf. Depuis longtemps, nous collaborons régulièrement avec l'Association roumaine des professeurs de français. Nous organisons pour ses membres un concours « Belgique romane » et nous assurons des formations en Roumanie, formations reconnues et subventionnées par le CGRI (Commissariat général aux relations internationales de la Communauté française de Belgique Wallonie-Bruxelles). Maintenant, nous travaillerons de la même façon avec deux autres associations partenaires : l'une tchèque, l'autre russe. Si vous êtes en relation avec des établissements ou des collègues de ces pays, n'hésitez pas à nous le signaler. Il est possible de trouver des synergies entre vos actions et les nôtres.
Le quatrième cahier se rapporte au Conseil supérieur de la langue française. Certains d'entre nous assistent aux réunions du Conseil liées à l'enseignement. Au cours de ces réunions, les membres du Conseil proposent des moyens de simplifier et de rationaliser l'orthographe grammaticale et nous demandent de consulter les enseignants de terrain. Souhaitez-vous que nous vous rencontrions, que nous allions dans votre établissement, que nous participions à une réunion de coordination de français pour connaître vos difficultés dans l'enseignement de la langue et vos réactions face aux propositions du Conseil ? C'est tout à fait possible. Contactez-nous, Robert Massart ou moi-même ; nous prendrons rendez-vous.
Je me permets donc de glisser dans votre cartable de la rentrée, en espérant de manière paradoxale l'alléger plutôt que l'alourdir, ces quatre cahiers à l'étiquette abpf. Je vous souhaite, quand vous rentrerez dans vos classes, d'y susciter quelques sourires, une bonne dose de curiosité et le désir partagé de commencer un voyage initiatique au pays de la langue et de la littérature.
Que le vent matinal de septembre, parfois déjà un peu frisquet, vous donne le frisson délicieux des renouveaux.
Jacques Lefèbvre
Sept professeurs de français témoignent
de leur métier
Table ronde organisée à la Maison de la Francité (Bruxelles) le 1er juin 2005, de 15h30 à 17h30
Pour donner à ce numéro « C'est la rentrée ! » une dimension à la fois bien concrète et dynamique, Français 2000 a voulu donner la parole à des enseignants, confrontés sur le terrain aux difficultés et aux bonheurs du métier. Après un mot d'accueil et d'introduction, après les présentations, les échanges s'engagent.
Premier thème : le portrait des élèves. Chacun évoque les élèves qu'il a devant soi : quels sont-ils ? quel est leur comportement face aux enjeux du cours de français, à son contenu - apprendre à lire, y compris la littérature, apprendre à écrire, apprendre à parler (voir dans la revue, p. 6-10). Deuxième thème :
Quelles priorités mettre en œuvre ?
Camille Ganty - Notre premier thème abordait le profil des élèves que vous avez devant vous. Spontanément vous avez glissé vers le problème des pratiques. À ce stade, qu'avez-vous à ajouter concernant les pratiques à privilégier compte tenu des jeunes qui constituent vos classes ?
Graziella Deleuze - On a parlé de l'importance des projets ; moi aussi, pour travailler sur la littérature de jeunesse avec mes étudiants, et découvrir l'implicite des textes, je leur fais écrire une histoire destinée aux enfants, avec de véritables destinataires, car leurs « livres » resteront dans la bibliothèque de l'école. Il s'agit donc d'écrire « pour de vrai ».
Bernadette Bouteiller - Un élément essentiel, c'est l'enthousiasme, celui du professeur, bien sûr, mais il faut aussi que les élèves s'enthousiasment pour un projet...
Marie Destrait - Oui, mais il ne faut pas oublier la culture de l'école où l'on est. Il faut bien s'y soumettre, du moins en partie. Par exemple, les cours de rattrapage : on doit s'adapter à ce que font les collègues...
Martine Jacques - Les cours de soutien ? On les a pratiqués aussi chez nous. Mais avec beaucoup de problèmes et des interactions négatives, car on n'enseigne pas tous de la même façon, et ça entraîne des comparaisons... Alors, on a plutôt travaillé sur les compétences transversales, avec d'autres projets et tous les outils possibles. Par exemple, un projet « Oiseaux », au cours d'activités techniques : pour construire le nichoir, ils ont dû lire les consignes de montage, appliquer des formules de math, apprendre les points cardinaux, donc l'orientation géographique, etc.
Françoise Chatelain - Le cours de renforcement de français, je l'ai surtout centré sur les méthodes de travail : définition du profil intellectuel des élèves (sont-ils visuels ou auditifs ?), gestion du temps, du calendrier, lecture de consignes, etc.
Marie Destrait - En 3e et en 4e, oui, le cours de rattrapage est une sorte de béquille...
Fabien Jacques - Je voudrais revenir sur la notion de véritable destinataire des textes qu'on fait écrire. Une des difficultés que les élèves ont à écrire, c'est justement qu'ils ne prennent pas en compte qu'on écrit pour quelqu'un. Je leur conseille de se relire et de se poser la question de la lisibilité de leur texte. Avec mes élèves de 4e, ce qui marche bien, c'est de voir l'expression orale et l'argumentation à travers l'entretien d'embauche et la lettre de motivation. Là ça devient intéressant, parce qu'il y a une certaine rentabilité, parce que ce n'est pas une pure activité scolaire : ils sont confrontés à une situation réelle où ils vont devoir se présenter et argumenter ; cela donne du sens au cours, et leur investissement est total.
Graziella Deleuze - Le partage des écrits est aussi important. Quand les élèves écrivent un récit, ceux qui le souhaitent le partagent avec les autres ou le communiquent oralement. Et l'évaluation des autres est bien plus intéressante, autrement valorisante...
Anne-Catherine Bontemps - Mais il ne faut pas négliger l'évaluation du professeur, lui aussi est un vrai destinataire !
Après un échange sur les sujets du langage et de l'évaluation (« Quel travail sur le langage ? Et comment évaluer ? ») (p. 11-15), on passe aux programmes...
Et les programmes ?
Jean-Louis Dufays - Je suis frappé de voir, non seulement la passion partagée qui transparaît à travers vos témoignages, mais aussi un sentiment commun des priorités : entrer dans les besoins réels des élèves, dans les pratiques sociales et pas seulement dans des pratiques scolaires prédéfinies. J'ai été frappé aussi par le fait que jusqu'à présent vous n'avez pas du tout fait référence aux injonctions officielles, aux programmes, aux manuels, aux outils de l'enseignement du français. On peut supposer que tout cela fait partie de votre horizon. Mais un de nos souhaits est aussi de voir comment vous vous situez par rapport à cela. Prenons les choses dans l'ordre et parlons d'abord des réformes récentes : le décret Missions, les nouveaux programmes, dans le libre et dans l'officiel, à tous les degrés, et on nous en annonce d'autres - en tout cas, de nouvelles réformes... Comment situez-vous votre pratique par rapport à ces nouvelles instructions, depuis le début des années 2000 ?
Anne-Catherine Bontemps - C'est seulement ma troisième année d'enseignement. Je connais les programmes, je les ai lus, et je veille à y être fidèle...
Jean-Louis Dufays - Vous ne les percevez pas comme un obstacle à votre pratique ?
Graziella Deleuze - Finalement on a tous lu les programmes, et jusqu'à présent je n'ai rien entendu qui soit en contradiction avec eux. Il me semble qu'on est en plein dans les compétences.
Françoise Chatelain - Je les ai lus et rangés dans le placard... mais je sais que ce que je fais n'est pas en contradiction...
Jean-Louis Dufays - Donc on peut dire que vous les avez intégrés, mais qu'ils n'ont pas été pour autant un élément qui définissait prioritairement vos choix pédagogiques ?
Françoise Chatelain - Ils n'ont pas changé ma pratique. Je me suis peut-être mise à travailler plus par tâches-problèmes, je me suis rendu compte que c'était intéressant.
Graziella Deleuze - J'ai eu la chance de rencontrer, bien avant la parution des nouveaux programmes, l'inspecteur Leleux et Jean-Louis Dumortier. Donc, ça ne m'est pas tombé dessus brutalement, et mes pratiques ont changé petit à petit. Je reviens souvent au référentiel des compétences-socles, et il me sert pour les grands chapitres de mon cours. Actuellement, lors de leur stage, mes étudiants comprennent tout l'intérêt de travailler par tâches-problèmes. Par contre, s'ils sont contraints, par leur maître de stages, à travailler en cloisonnant les apprentissages, à faire des exercices en suivant un manuel, ils sont frustrés, par rapport aux autres, qui, retour de stage, ont plein de choses à raconter sur tout ce qu'ils ont dû inventer pour résoudre le problème posé au départ. Frustration immense, parce qu'ils n'ont rien pu produire, ils n'ont pas le sentiment que les élèves ont progressé. Le plaisir d'aller en stage est beaucoup plus grand chez les autres...
Jean-Louis Dufays - Il s'agit là de la tâche-problème qui figure dans le programme de la Communauté. D'autres ont-ils encore quelque chose à dire sur les programmes ?
Bernadette Bouteiller - Un petit bémol à propos des compétences... Ce que je crains un peu, c'est qu'au niveau des élèves, ça ne devienne une mécanique : dans toutes les branches, à tous les cours, c'est monotone. L'enseignant doit absolument varier ses méthodes pédagogiques. Un autre aspect, c'est qu'il ne faut pas oublier l'importance de la restitution des savoirs, et des savoir-faire, surtout en 5e et en 6e, et préparer les élèves à affronter l'enseignement supérieur, où on ne travaille pas par compétences !
Jean-Louis Dufays - Il est vrai que vos situations ne sont pas tout à fait pareilles : enseigner en 5e et 6e, c'est différent de former des enseignants du primaire et du secondaire inférieur...
Françoise Chatelain - Mais il faut toujours des savoirs. Par exemple, si je demande une critique sur un roman du XVIIIe siècle, il faut savoir quelque chose des Lumières...
Graziella Deleuze - Le grand intérêt de cette pédagogie par compétences est qu'elle n'est pas unilatérale. Le grand intérêt des programmes, c'est de montrer où il faut aller, mais le chemin pour y arriver est libre. On m'indique seulement ce sur quoi je vais devoir évaluer mes élèves en fin de parcours. Donc j'ai plutôt l'impression que cette pédagogie est une bouffée d'air frais, qui me permet de prendre le chemin le plus adapté pour aller là où on me demande d'aller. Et je m'insurge quand j'entends dire que la pédagogie par compétences met de côté les savoirs, car la définition même de la compétence, c'est de mobiliser les savoirs et les savoir-faire. La compétence n'exclut absolument pas le savoir.
Jean-Louis Dufays - Le problème semble bien dans la manière dont on comprend la compétence...
Françoise Chatelain - Toutes les écoles de la Communauté française ont eu une formation à la pédagogie des compétences. Au cours d'une de ces formations, un professeur s'est plaint du manque de savoir des élèves formés par compétences : selon lui, le cours de français devient moins important qu'un cours à 1 heure « puisque les élèves ne doivent plus rien étudier »... On a proposé un test, une épreuve de fin de 6e : lire la nouvelle « La rédaction » de Skarmeta et en faire une analyse où devait intervenir ce que les élèves connaissaient sur la littérature engagée... Ce test nous paraissait assez facile, mais lui, il a reconnu que ses élèves, formés pourtant de manière traditionnelle, auraient été incapables d'y répondre. Ses élèves étaient donc capables de restituer, mais incapables, par rapport à ce qu'ils avaient étudié, de comprendre un nouveau texte...
Marie Destrait - C'est très chouette, le parcours, etc., mais il n'en reste pas moins que, pour que les élèves s'approprient, par exemple, du vocabulaire, il faut qu'ils l'étudient. Donc, je leur fais étudier des mots, à travers les exercices de 800 mots pour réussir, que je trouve très bien fait. Et à l'examen, je pose des questions très classiques, avec des phrases, des synonymes... Une collègue m'a dit : « Mais tu vas contre le programme, là ! »... Il y a toujours ce spectre du programme qui va me sauter dessus parce que je demande de la restitution ! Je dois faire intervenir cette matière dans l'examen, sinon ils ne l'étudieront pas, et je crois que je rends service aussi en obligeant à étudier. Il y a tout de même des définitions qu'ils doivent connaître ! Si je leur donne un texte narratif où introduire des verbes, ils doivent le reconnaître et savoir employer le passé simple... C'est de l'application, pas de la simple restitution ! Mais, comme jeune prof, je ne suis pas toujours à l'aise, surtout si des collègues brandissent le programme contre ce que je fais...
Jean-Louis Dufays - On voit chez certains d'entre eux une compré-hension simpliste du programme, et de la notion de compétence... La compétence demande de travailler par séquences en plusieurs temps, avec des temps de structuration, des exercices, parfois systématiques, parfois même décontextualisés, qui amènent à acquérir des savoirs et des savoir-faire, des tests de contrôle. La compétence, c'est au fond le résultat intégré de tous ces apprentissages...
Anne-Catherine Bontemps - Moi, j'impose à mes élèves l'étude d'un tableau chronologique, où sont repris les auteurs rencontrés tout au long de l'année, et à l'examen il y a un tableau avec des trous à remplir... Mais ce tableau, les élèves l'ont construit eux-mêmes, avec mon aide en 4e, seuls en 5e...
Françoise Chatelain - Mes élèves, en fin de 5e, reçoivent un texte qu'ils doivent pouvoir situer, en citant les éléments qu'ils ont repérés pour y arriver...
Fabien Jacques - Le programme laisse une énorme liberté, et comme jeune prof, c'est clair qu'il y a toujours la crainte de l'inspection. Le programme est assez riche de choses à voir absolument et à la fois il nous laisse très libres, alors on a l'impression qu'on ne peut pas tout voir et passer par toutes les étapes prévues dans les cadres. Exigence assez effrayante. Et le discours des collègues qui ont connu avant un autre programme n'arrange pas les choses...
(...)
Les derniers thèmes évoqués sont les manuels, et la préparation de la rentrée... (p. 20-27).
C'est la rentrée au théâtre aussi...
En amorce du numéro « Des planches à l'estrade 2 », qui paraîtra en novembre, je me propose de faire un relevé, certes incomplet, des actions menées par de plus en plus de théâtres à l'égard des professeurs et de leurs élèves. Il s'agira de vous indiquer, le plus clairement possible, les personnes de contact, les spectacles qui seront accompagnés d'actions pédagogiques spécifiques, les différents types d'animations et de rencontres proposés. Pas de listes de spectacles recommandés donc, à une exception près : Forfanteries d'Olivier Coyette, qui sera repris, comme je l'espérais dans « Des planches à l'estrade 1 » (p. 53-54), au théâtre Le Public, à Bruxelles, du 16 mai au 24 juin, 2006 bien sûr.
Atelier Théâtre de la Vie - rue Traversière, 45 - 1210 Bruxelles
Administration : 02 219 11 86. Réservations : 02 219 60 06
theatredelavie@skynet.be
Chargée des relations avec l'enseignement :
Madeleine Tombeur : 02 640 40 28 (privé)
Cinecittà de Thierry Debroux (jeune auteur belge), du 20 septembre au 9 octobre
Les thèmes : le désir de célébrité, la vocation d'acteur.
En marge de ce spectacle, Thierry Debroux (qui a été professeur) organisera pour les classes qui seront venues voir la pièce des ateliers d'écriture de deux heures dont l'objectif est d'amener les élèves à écrire une courte séquence dialoguée autour du thème : « le personnage principal (un enfant de l'âge des élèves) veut réaliser un rêve mais il a peur d'affronter ses parents car il est presque certain qu'ils vont dire non ». Un dossier pédagogique est disponible sur demande.
Tout est Mouvement-Bertold Brecht, reprise du 25 octobre au 12 novembre
Ce spectacle-voyage vers l'œuvre de Brecht, mêlant langue allemande et langue française, est ouvert aux deux dernières années de l'enseignement secondaire et aux élèves de l'enseignement supérieur. Un dossier pédagogique est disponible sur demande et une rencontre avec Herbert Rolland, concepteur du projet, est envisageable après le spectacle, sur rendez-vous.
Trois rencontres avec Nicole Dumez :
Rue des Fleuristes. Scènes de vies, du 7 au 11 décembre
Amour Amore - Librement inspiré de légendes d'amour fou, du 14 au 18 décembre
Tout est vrai même si c'est faux, reprise du 20 au 23 décembre
Des entretiens avec Nicole Dumez sont envisageables dans les classes.
Mélite de Pierre Corneille, par L'Atelier Corneille, reprise du 10 au 21 janvier
Un dossier pédagogique est disponible sur demande. Spectacle accessible aux élèves à partir de 12 ans.
Les Croisés, nouvelle création du Théâtre Agora, du 28 février au 7 mars
Une prise de position par rapport aux croisades actuelles.
Un dossier pédagogique est disponible sur demande et des animations en classe sont envisageables (www.agora-theater.net).
Centre culturel de Charleroi (PBA+Eden)
boulevard Jacques Bertrand, 3 - 6000 Charleroi
Secteur théâtre : Pierre Noël : 071 20 29 83 ou
p.noel@charleroi-culture.be
De nombreuses propositions pédagogiques, des propositions d'animation et de partenariat, notamment dans le cadre du Parcours Droits de l'homme. Et un intéressant projet de réunion-débat sur l'attitude des jeunes (face) au théâtre, au cours de l'année scolaire 2005-2006.
KVS - quai aux Pierres de Taille, 7 - 1000 Bruxelles
02 210 11 00 ou info@kvs.be
Contacts écoles/étudiants : Anja Stroobants : 02 210 11 43 ou
anja.stroobants@kvs.be
Le KVS mène depuis peu, on ne le sait pas toujours, une politique active de rapprochement des communautés, de toutes les communautés, à Bruxelles. Certains spectacles sont surtitrés. D'autres sont joués en français : ce sera le cas, par exemple, de Poquelin du groupe Stan, du 4 au 7 janvier, ou de Gembloux-À la recherche de l'armée oubliée par Ben Hamidou et Sam Touzani, du 23 au 26 février.
Théâtre de Namur - place du Théâtre, 2 - 5000 Namur
081 24 01 41 ou info@theatredenamur.be
Service éducatif : Sophie Pirson : sophiepirson@theatredenamur.be
Il a été choisi cette année de parler de ce qui se passe ici et maintenant, en permettant à différentes disciplines de se croiser : des expositions de photos, des face-à-face avec les artistes de la saison, des chantiers de création urbaine pour adolescents (Art N'Mix), des ateliers d'expression et de créativité, des journées entières de formation en lien avec le plateau, des soirées-conférences intitulées « Éclairage public » pour explorer et confronter les idées, une exposition interactive d'initiation à l'art pour les enfants et les familles, etc.
Vu le (très) grand succès de l'abonnement, renseignez-vous pour plus de précisions. Des animations gratuites sont proposées ; elles sont obligatoires : du 24 au 28 octobre pour Sokott d'Éric Durnez, auteur belge, du 9 au 20 janvier pour Tout vu de Transquinquennal, et du 20 au 28 mars pour L'Histoire de Ronald, le clown de McDonald's de Rodrigo Garcia.
Des visites du théâtre peuvent également être organisées.
À signaler aussi l'exposition intergénérationnelle « Objets, passeurs de mémoires » produite par le Pass, du 27 octobre au 26 novembre au Grand Manège, et accompagnée, pour quelques classes seulement, d'ateliers de création sonore. Contacter Florence Gabriel (081 21 61 75 ou florencegabriel@theatredenamur.be).
Théâtre des Rues - rue du Cerisier, 20 - 7033 Cuesmes
065 31 34 44 ou theatredesrues@skynet.be
Un théâtre-action, populaire et politique, qui propose des productions adaptables à tous lieux, disponibles durant toute l'année 2005.
Des lectures-spectacles : Les Carabiniers d'après Beniamino Joppolo (auteur italien antifasciste, thèmes : la guerre, la misère), Comme des flèches de Koulsy Lamko (auteur tchadien, publié chez Lansman, thème : le sida), etc. Mais aussi des créations collectives, des spectacles issus d'ateliers engagés dans des luttes sociales.
Un dispositif d'animation consacré au dialogue interculturel et à la lutte contre le racisme, à partir d'ouvrages publiés aux Éditions du Cerisier (même adresse) : Rue des Italiens et Dinddra de Girolamo Santocono, Le Fil noir de Charles Manian, Nuit d'encre pour Farah de Malika Madi, À l'ombre des gouttes de Saber Assal, Conversations avec des clandestins de Lise Thiry et Sans état d'âme-Lettres ouvertes sur centres fermés (ouvrage collectif). Le projet se déroule en trois temps : prêt et/ou achat du livre choisi et lecture par tous les participants au groupe (20 personnes maximum, âgées de 15 ans au moins) ; intervention d'un lecteur/ animateur du Théâtre des Rues ; rencontre entre l'écrivain et les participants. Au terme du projet, un atelier d'écriture est possible.
Théâtre du Rideau de Bruxelles - au Palais des Beaux-Arts -
rue Ravenstein, 23 - 1000 Bruxelles
02 507 83 60 ou contact@rideaudebruxelles.be
Service aux écoles : Christelle Colleaux : 02 507 83 62 ou
christelle.colleaux@rideaudebruxelles.be
Des rencontres et un nouveau concours « Théâtre et Mathématiques » accompagneront la reprise de Partition (du 24 septembre au 15 octobre).
Des ateliers de pratique philosophique compléteront les spectacles Fabbrica (du 6 au 17 septembre), Sokott (du 4 au 29 octobre), Copies (du 27 octobre au 30 novembre) et Nature morte dans un fossé (du 19 avril au 19 mai), quatre spectacles aux thématiques particulièrement attirantes pour le jeune public. En deux périodes de cours consécutives, dans les jours suivant le spectacle, l'atelier se donne pour objectif de stimuler la curiosité et le questionnement ; il permet aux jeunes de formuler ce qui les a étonnés, dérangés, interpellés et, à partir de la réflexion, de l'argumentation et de la pensée critique, de tenter de trouver des réponses à leurs questions.
Des journées au Palais des Beaux-Arts seront organisées lors de la création de Black Milk du jeune auteur russe Vassily Sigarev, du 6 janvier au 5 février. Sur le thème de « L'attente. De l'univers russe à notre imaginaire », les jeunes de cinquième et de sixième secondaire vivront une journée de création, de rencontres, de découvertes, tant cinéma-tographiques que théâtrales… À l'occasion d'Europalia Russie, en collaboration avec la Cinémathèque royale.
Théâtre Marni - rue de Vergnies, 25 - 1050 Bruxelles
02 639 09 80 ou info@theatremarni.com
Contact pédagogique : Marie-Charlotte Caux : mccaux@theatremarni.com
9, chorégraphie de José Besprosvany, du 4 au 15 octobre (ainsi qu'au Théâtre de Namur, les 17 et 18 février)
Le spectacle s'inspire directement de la Neuvième Symphonie de Beethoven et s'articule plus particulièrement autour de l'Ode à la Joie, ouvrant une réflexion sur l'Europe et le multiculturalisme. Il s'adresse à des élèves à partir de 14 ans. Un dossier pédagogique est disponible sur demande et des rencontres avec le chorégraphe peuvent être organisées à l'issue de la représentation.
Théâtre National - boulevard Émile Jacqmain, 111-115 -
1000 Bruxelles
02 203 41 55 ou info@theatrenational.be
Service éducatif et dramaturgique : Jacqueline Depermentier 02 274 23 25 ou j.depermentier@theatrenational.be ,
Véronique Kistenborgh, Cécile Michaux et Cécile Michel
L'équipe assure, depuis de nombreuses années déjà, un contact continu et privilégié avec les enseignants et les élèves afin de leur faciliter l'accès au théâtre : conseils, souplesse de réservation et de paiement des places, tarif particulier. Mais aussi invitation aux générales publiques, présentation de projets, ou des étapes de l'élaboration d'un travail en cours, visites guidées du théâtre, accès à des répétitions ouvertes, permettant aux élèves de découvrir sur le vif le processus de création d'un spectacle.
On connaît bien aussi les animations d'une durée de 50 minutes qui sont organisées gratuitement, sur rendez-vous bien sûr, avant et après les spectacles. La présence d'artistes ou d'animateurs en classe donne aux élèves de nombreuses clefs pour comprendre et apprécier au mieux le spectacle qu'ils verront ou pour débattre avec eux de ce qu'ils ont vu. La liste des spectacles concernés est disponible dès maintenant (voir déjà le programme page 35).
Le théâtre héberge aussi régulièrement des opérations qui ont pour vocation de relier les jeunes et le théâtre : concours d'écriture, tournois scolaires…
Mais beaucoup d'autres projets, nouveaux ceux-là - à nouvelle direction nouvel élan -, naîtront et se développeront cette année. Je laisse à Cécile Michel, l'une des animatrices de l'équipe, le soin de vous les présenter en détail dans le prochain numéro de la revue, « Des planches à l'estrade 2 », qui paraîtra en novembre.
Le Théâtre-Poème, l'asbl Théâtre en animation, le 140, le Varia, le Théâtre de l'Ancre, le Poche, le Théâtre de la Place, le Public, les centres culturels, l'Atelier Théâtre Jean Vilar, le Théâtre royal du Parc, le Manège.Mons… de nombreux autres seraient encore à citer. Mais je me suis limitée aux informations concrètes et précises en ma possession au moment de boucler ce numéro. La suite, éventuellement, dans « Des planches à l'estrade 2 », en novembre.
Michèle Ducheny
Florilège pour la rentrée
Beaucoup de récits autobiographiques et de romans évoquent, parmi les souvenirs d'enfance, la rentrée scolaire et la vie à l'école. La revue cite quelques textes qu'on a sélectionnés pour vous : Claude Morand, Fernand Imhauser, Henri Verneuil, Alain Bosquet, Françoise Dolto, Jean-Paul Sartre, Pascal Lainé, et, en outre, disséminés dans la revue, des textes de Alberto Manguel, Maxime Gorki, Jean-Denis Bredin, Patrick Chamoiseau... Voici, en avant-goût, deux extraits.
« Dans le silence retrouvé par les claquements de sa règle sur le pupitre, Mlle Pozzoli commença l'appel. Précédés par des Robert, Henri, Paul, ou François, les Mercier, Martin, Pagès, Fabre et Garcin défilaient "tricolorement", lorsque notre institutrice, rompant le rythme régulier de la succession des noms, s'arrêta un très court instant pour se pencher un peu plus sur sa liste. Dans cet intervalle à peine marqué, je sus que c'était mon tour.
"Achod Malakian." Elle avait prononcé le ch de mon prénom avec un k. Timidement, pour éviter que cette erreur ne me poursuive toute l'année, j'avais rétabli le ch de la prononciation, mais déjà les murmures, les gloussements et les rires retenus s'enflaient en un joyeux chahut. Les quolibets fusaient de tous les rangs, l'esprit des railleurs volait au ras de nos huit ans autour de ce prénom Achod, que l'on transformait en "eau chaude", "chauds les marrons", ou "chochotte". (...) Dans un festival de regards fuyants, notre directeur menaça toute la classe d'une retenue générale pour jeudi, en cas de récidive. Quand il referma la porte, le calme était revenu et on reprit l'appel.
Tandis que les noms en bleu, blanc, rouge, se succédaient, je pensais à mon très joli prénom de chez nous qui rappelait celui d'un roi illustre. Mais, ce matin-là, un Louis ou un Henri, même sans numéro, aurait bougrement fait mon affaire. »
(Henri Verneuil, Mayrig, récit, Robert Laffont, 1985, Le Livre de Poche, n° 6280, p. 79-80)
Premier jour à l'école. Après l'évocation d'une matinée terrifiante avec appel des noms, questions incompréhensibles, réprimandes, et l'interruption d'une récréation, l'auteur, le « négrillon » de jadis qui a dû « affronter une école coloniale », poursuit son récit...
« Revenu dans la salle de classe, le négrillon retrouva son asphyxie à l'endroit pile où il l'avait laissée.
Mais tout se passa bien : personne n'eut à parler, à écrire, à expliquer ceci-cela. Ce fut le Maître qui s'exprima. Et là, le négrillon prit conscience d'un fait criant : le Maître parlait français. Man Ninotte utilisait de temps à autre des chiquetailles de français (...). Le Papa, lui, à l'occasion d'un punch, déroulait un français d'une manière cérémonieuse qui n'en faisait pas une langue, mais un outil ésotérique pour créer des effets. (...) Et tout le reste pour tout le monde (les joies, les cris, les rêves, les haines, la vie en vie...) était créole. (...) Le Maître parlait français comme les gens de la radio ou les matelots de la Transat. (...) Le négrillon, dérouté, comprit qu'il ignorait cette langue. La tite-voix babilleuse de sa tête maniait une autre langue, sa langue-maison, sa langue-manman, sa langue-non-apprise intégrée sans contraintes au fil de ses désirs du monde. Un français étranger y surgissait en traits fugaces et rares ; il les avait entendus quelque part et il les répétait lors de circonstances mal identifiées. Un autre français plus proche, acclimaté mais tout aussi réduit, se tenait en lisière des intensités vivantes de sa tête. Mais parler vraiment pour dire, lâcher une émotion, balancer un senti, se confier à soi-même, s'exprimer longtemps, exigeait cette langue-manman qui, ayayaye, dans l'espace de l'école devenait inutile. Et dangereuse. »
(Patrick Chamoiseau, Chemin-d'école, Gallimard, coll. Haute enfance, 1994, p. 63-66)
Comptes rendus et notes de lecture
La revue présente des comptes rendus des ouvrages suivants :
Romain Rolland, Le Théâtre du peuple, Complexe, coll. « Le théâtre en question », 2004.
Yvon Toussaint, Le Manuscrit de la Giudecca, Fayard, 2001, Le Livre de Poche, n° 15567, 2004.
Daniel Soil, Comme si seule une musique, Luce Wilquin, 2005.
Anne-Rosine Delbart, Les Exilés du langage, un siècle d'écrivains français venus d'ailleurs (1919-2000), Presses universitaires de Limoges, 2005.
Petites notes de lecture :
Michel Joiret, À l'enseigne du Beau Noir, Dricot, 2004.
Claude Olivieri, Dictionnaire des verbes français, Pocket, 2004.
Philippe Vancomelbeke, Enseigner le vocabulaire, Nathan, « Les repères pédagogiques », Série Formation, 2004
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