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Présentation

Ironiquement un ami me faisait remarquer que l'on a cinquante ans pour préparer un cinquantenaire. C'est exact, mais on ne peut vivre dans le commémoratif avec le seul souci d'une gloire future très aléatoire. À la Société belge des professeurs de français, nous avons été habitués à regarder vers l'avenir, à tenter de le prévoir pour l'infléchir dans la mesure du possible dans le sens souhaité par nos statuts.
Il n'empêche que le regard sur le passé amène bien des découvertes et suscite donc bien des réflexions. Globalement, on pourrait affirmer à la fois que, d'une part, l'esprit et l'action de la S.B.P.F., de 1951 à nos jours, sont d'une constance remarquable et que, d'autre part, l'environnement politique, social, humain dans lequel on vit depuis cinquante ans s'est tellement modifié que la perception de notre association par les enseignants a évolué. Si l'on retourne un demi-siècle en arrière, on constate, par exemple, que peu d'enseignants sont syndiqués, que la formation continue n'existe pas, que de grandes tensions opposent l'enseignement catholique et l'enseignement officiel… Nous avons donc été amenés à consacrer dans cette brochure jubilaire un chapitre historique centré principalement sur les origines et les premières années de la S.B.P.F.
Pour la suite, notre intention était de rechercher quelques articles marquants publiés par notre revue Français 2000, appelée antérieurement Bulletin. L'abondance des textes que nous aurions voulu retenir était telle que nous avons dû renoncer à ce projet. Nous avons fait une seule exception (les grammairiens et, par conséquent, les enseignants de français adorent les exceptions) pour une conférence de Roland Mortier intitulée " Les Os de nos Pères " et prononcée lors d'une journée d'étude où la S.B.P.F. réagissait contre l'intention d'un ministre de l'Éducation nationale de " secouer la poussière du passé " et donc d'évacuer le passé littéraire de nos programmes. Pour des raisons matérielles, ce texte n'a pu figurer dans notre revue, voilà pourquoi nous vous le proposons sur ce site.
Nous avons alors choisi de composer notre " Florilège " de souvenirs graphiques et photographiques de nos activités (en général peu spectaculaires) et surtout de pages et d'extraits de notre revue. Cette sélection - forcément limitée et arbitraire - permet de se rendre compte, par exemple, de la qualité de nos collaborateurs, de la variété et de la permanence des idées et des sujets. Nous avons indiqué chaque fois l'année et le numéro de la revue d'où le passage était extrait ; ainsi la personne qui le désire peut retrouver l'article complet.
Le concours organisé à l'occasion de notre jubilé pour sensibiliser nos jeunes collègues à notre existence forme un autre volet de ce recueil.
Les circonstances nous ont paru favorables pour faire part d'une initiative née à la Fédération internationale des professeurs de français : le Fonds mondial pour l'enseignement du français. N'est-il pas vital pour notre langue que nous aidions à son rayonnement, particulièrement dans les pays les moins favorisés ?
L'édition de cette brochure et l'organisation de cette séance commémorative n'ont pu être réalisées que grâce à de nombreuses collaborations. Que leurs auteurs trouvent ici l'expression de notre reconnaissance ! Qu'il nous soit permis de remercier en particulier la Province de Hainaut, qui nous a aidés à réaliser cette publication, et l'Académie royale de langue et de littérature françaises qui nous fait l'honneur de s'associer à notre jubilé et nous offre l'hospitalité. Merci à son secrétaire perpétuel le Professeur André Goosse, membre de la S.B.P.F. depuis les débuts !
Notre reconnaissance va enfin à nos collègues étrangers qui ont fait appel à leurs souvenirs et qui nous ont si chaleureusement témoigné leur sympathie.

Pour le Comité directeur de la S.B.P.F.

Roland Delronche Président