Paré pour le secondaire !

par Alicia Van Causbrouck

 

Quand la page de l’école fondamentale se referme petit à petit, une autre page s’ouvre, c’est celle de l’enseignement secondaire… Ce passage de la petite école à la grande école a été une expérience marquante pour tout un chacun.

Étudiante en « Bachelier en instituteur primaire », ce passage m’a toujours interpellée. J’ai décidé d’en faire le sujet de mon travail de fin d’études.

Ce fameux passage à la grande école, tout le monde en parle, mais qu’en disent les principaux intéressés ? C’est dans cette optique que j’ai décidé d’aborder ma recherche. Il me semblait qu’il y avait peu de théories sur le sujet, et que pour concevoir mon projet, il valait mieux partir des craintes réelles des élèves, et pas de ce que je m’imaginais qu’ils pensaient…

De plus, nombreuses sont les réunions organisées pour répondre aux craintes des parents. Mais qu’est-il organisé pour répondre aux questions, aux peurs des enfants ?

Lignes directrices

La visée est que les élèves en sachent plus sur cette nouvelle réalité qu’ils affronteront sous peu.

  • On parlera de leurs attentes, de leurs craintes, des rumeurs et des idées fausses qui circulent.
  • On organisera des échanges autour de questions scolaires et parascolaires concrètes, à savoir : structure de l’enseignement obligatoire, les changements qu’il peut y avoir entre l’enseignement fondamental et celui-ci, les grilles horaires, les règlements, les activités sportives et culturelles qui sont offertes dans une école secondaire…

Le projet

Afin de rendre compte de toutes ces questions, j’ai pris l’optique de réaliser avec une classe de 6e année primaire (24 enfants) un salon du secondaire en vue de rédiger une brochure informative. Ce projet me permettait de passer par les étapes suivantes :

  • Partir des conceptions initiales des enfants sur la question ;
  • Remettre ces conceptions en perspective par des débats, des « dialogues » avec des élèves du secondaire ;
  • Organiser une rencontre avec des directeurs du secondaire, lors d’un salon du secondaire mis sur pied par les enfants.

Première étape : recueillir les conceptions initiales

D’abord, afin de recueillir les craintes ou les questions des enfants sur le passage du primaire au secondaire, j’ai instauré une boite à questions. Les enfants déposaient de manière anonyme toutes les questions qu’ils se posaient. Il ressort de l’analyse de leurs productions que les enfants se posent des questions assez diverses (5 types de questions, à propos des cours, du relationnel, de leur situation personnelle et au niveau des infrastructures scolaires).
Voici, à titre d’illustration, quelques interrogations d’enfants : « Est-ce que c’est plus dur ? » « Est-ce que mes amis de primaire seront les mêmes en secondaire ? « Est-ce que les professeurs sont gentils avec les nouveaux ? « Pourquoi avons-nous besoin d’aller à l’école secondaire ? », « Est-ce que ce sera stressant ? », « Aurons-nous des casiers ? »…
Vu la disparité des questions, je me suis centrée sur celles ayant trait aux cours, les autres étant traitées plus tard par l’assistante sociale du centre PMS de l’école.

Deuxième étape : les débats

La recherche s’est étendue à sur quatre semaines. De nombreuses discussions se sont mises en place naturellement, avant chaque activité. L’attitude de certains enfants était interpellante : ils (autant de filles que de garçons) se montraient « durs », affirmaient ne pas avoir peur de passer en secondaire. Mais leur attitude non verbale montrait le contraire… (tics, gestes de nervosité…) J’ai donc mis sur pied une technique de journal intime basé sur trois thématiques : mes sentiments, mon entourage, mes renseignements. Je me suis servie aussi de la littérature « jeunesse », et plus spécialement des « récits miroirs ». J’ai utilisé un passage du Temps des secrets de Marcel Pagnol, Edité chez De Fallois, dans lequel cet auteur évoque les souvenirs de sa première journée dans l’enseignement secondaire. Autre texte intéressant : Kamo, l’idée du siècle de Daniel Pennac, aux éditions Folio Junior. Les enfants, par un processus d’identification aux héros, ont pu « vivre » la rentrée avec des personnages de fiction, et ainsi vivre la catharsis.

Pourquoi aller à l’école secondaire ? Cette question a été le plus souvent posée par les enfants. Il me semblait donc judicieux de les confronter aux textes « officiels ». Je suis partie du livret « Guide de l’enseignement obligatoire en Communauté française » de Jean-Pierre Hubin (édition Agers).

D’abord, les enfants ont complété la phrase « Pour moi l’école secondaire c’est… ».
Ils ont pu comparer leurs définitions dans un débat et faire une une recherche dans le dictionnaire à propos des mots : enseignement et secondaire. Par la suite, les enfants ont pu extraire des informations de diverses images afin de visualiser leurs représentations de l’enseignement secondaire. Cette activité leur permet d’échanger et de s’exprimer.

Finalement, les enfants ont pu découvrir divers schémas à travers le livret proposé par la Communauté Français et trouver ainsi des réponses à leurs questions de départ.
Les différents points ci-dessous ont été développés :
– La structure de l’enseignement obligatoire ;
– L’importance de l’enseignement ;
– Les structures de l’enseignement fondamental ;
– Les structures de l’enseignement secondaire.
Cette partie permet aux enfants de comprendre la nécessité de poursuivre l’enseignement secondaire jusque dix-huit ans.

Troisième étape : le salon du secondaire

Ce travail s’est déroulé en deux parties : d’une part, l’organisation logistique du salon : Qui inviter ? Comment ? Où ? D’autre part, la préparation de fond des rencontres.

Les enfants se sont réparti les tâches à accomplir : invitation des directeurs, des autres classes de 6e (qui ont profité également du salon !), réalisation du plan des lieux, préparation de l’accueil des invités, création des affiches reprenant les différents partenaires, installation du local, etc.

Pour ce qui est du fond, mon souci restait de partir de leurs préoccupations réelles. C’est pour cette raison que les enfants ont décidé de reclasser les questions qu’ils avaient postées dans la « boite à questions ». Ils ont sélectionné celles auxquelles personne ne savait répondre (certaines se sont résolues d’elles-mêmes, par l’échange entre eux) et ont ainsi créé une liste. Lors du salon, ils ont donc pu poser les questions qu’ils avaient retenues. Ce salon du secondaire est vraiment la pièce maitresse du projet.

En complément, les « Journées-types en secondaire »

Ces journées permettent aux enfants de découvrir, par eux-mêmes, la réalité qui les attend. Elles ont été organisées par un de nos partenaires. L’accompagnement des enfants est une agréable expérience. À travers celles-ci, les enfants ont pu découvrir les réponses à quelques-unes de leurs questions comme : « Quelles sont les différences entre l’enseignement primaire et l’enseignement secondaire ? Comment se présente l’horaire ? Comment gère-t-on un journal de classe en secondaire ? Quelles sont les matières proposées au Collège Saint-François d’Assise ? Quelle sont les infrastructures de l’école ? »

Ces journées sont constructives et intéressantes. J’ai tenu à ce que la plupart des enfants puissent y participer.

Finalement, notre petit journal : « Enfin le secondaire ! On était les plus grands… Maintenant, on va être les plus petits »

L’aboutissement du projet fut la réalisation d’une brochure informative sur l’enseignement secondaire. Cette brochure a été réalisée, à travers des travaux de groupes avec répartition de tâches, et ce, après la découverte des règles de rédaction d’un triptyque.

Le journal a été rédigé selon la technique du chantier d’écriture (méthodologie proposée par le groupe d’Ecouen). Ce sont donc les enfants qui en ont été les auteurs ainsi que les maitres des sujets développés dans ce journal. Le rôle de l’enseignant était de veiller au bon déroulement de la rédaction et de juger des propositions faites par les enfants pour les sujets développés (C’est quoi l’enseignement secondaire ? – Les structures de l’enseignement obligatoire – la grille-horaire en enseignement secondaire – les retenues – les licenciements -…)

La rédaction de notre petit journal devait permettre le partage avec l’ensemble des enfants et parents de l’enseignement fondamental. Il a été réalisé grâce à toutes les activités proposées. À travers ce journal, les enfants ont pu travailler l’expression écrite ainsi que la collaboration de groupe. Ils ont pu partager leurs nouvelles connaissances sur l’enseignement secondaire avec d’autres camarades de l’enseignement fondamental.

Conclusion

Mon objectif de départ était d’amener les enfants de sixième primaire à en savoir plus sur l’école et de construire avec eux un bagage qui pourrait les aider à entrer dans l’enseignement secondaire. Cette aide concrète pour les élèves leur permet d’éprouver moins de craintes face à ce nouveau cap. Nous avons travaillé par projets successifs, de l’inventaire des questions au salon du secondaire et à la rédaction de « notre petit journal ». Les attentes, les intérêtes, les questions de déplart des élèves ont guidé toutes les recherches : C’est, me semble-t-il un point essentiel de la démarche.

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