Le dystionnaire

Un défi proposé par Henry Landroit.

L’école est certainement victime de la dyslexie de ses élèves, mais bien d’autres maladies scolaires de la même essence existent dans notre système scolaire. On n’en parle pas assez, aussi ai-je cru de mon devoir de les signaler à votre attention :

  1. Quelques-uns de ces mots ne sont pas le fruit de la création de mon esprit, mais habitent bel et bien le dictionnaire. Seule leur définition est nouvelle. Serez-vous capable de les découvrir ?
  2.  D’autres figurent bel et bien dans le dictionnaire et de plus, avec leur véritable définition. Lesquels ?

Les réponses sont ICI : faites un clic  ou…

…avant de les découvrir, faites ou refaites face au défi en relisant les propositions que voici :

Petit dystionnaire des maladies scolaires

L’école est certainement victime de la dyslexie de ses élèves, mais bien d’autres maladies scolaires de la même essence existent dans notre système scolaire. On n’en parle pas assez, aussi ai-je cru de mon devoir de les signaler à votre attention :

Dyspoésie : incapacité fondamentale, pour les élèves (même ceux de poésie), d’apprécier la poésie qui se dégage d’une situation ou d’un texte.

« Elle était totalement dyspoésique. Un poème de Victor Hugo la laissait aussi froide que la lecture du Code de la route. » (extrait de la biographie d’une écrivaine célèbre dont nous tairons le nom par discrétion).

Dysgroupie : incapacité de vivre en groupe assimilée souvent à de l’égoïsme primaire (bien qu’elle puisse se révéler déjà en maternelle).

« Ces enfants étaient manifestement atteints de dysgroupie aigüe. Aucune activité collective ne leur plaisait. » (extrait d’un rapport d’inspection).

Dysentrie : se dit des difficultés que l’on peut éprouver à entrer dans une discussion ou un endroit dont on redoute un peu l’atmosphère (école, église, magasin, cabinet de dentiste).

« Tous les matins, en arrivant à l’école, elle souffrait de dysentrie aigüe. Plantée devant la porte des toilettes, elle refusait d’y entrer. Il faut dire que leur état n’était guère engageant. » (extrait d’un rapport de comportement d’une élève).

Dysphonie : dysfonctionnement des cordes vocales entrainant des troubles de la voix.

« Le professeur d’éducation musicale considérait à priori que tous ses élèves étaient dysphoniques surtout après les soirées arrosées qu’ils organisaient plus que nécessaire. » (tiré d’un rapport d’inspection).

Dysexie : phénomène assez récent qui atteint les adolescents devenus incapables de se définir comme garçon ou fille. Cela semble dû aux coiffures et aux vêtements indifférenciés qu’ils portent désormais.

« La dysexie était telle dans cette classe que lorsque l’enseignant lançait : Les filles à droite et les garçons à gauche, la confusion était totale. » (note prise par un directeur à la suite de la visite d’une classe).

Dyslexie : habitude prise par des élèves à ne pas respecter les lois de la classe ni celles de la société en général.

« Cet établissement était principalement fréquenté par des élèves sans foi ni loi (des dyslexiques) qui faisaient les quatre-cents coups à tout bout de champ dans l’école et dans la ville. » (reportage sur « Les XXX de Saint XXX » dans un journal local).

Dysortografie : les élèves dysortografiques sont connus pour avoir des difficultés à assimiler une orthographe élémentaire, mais réussissent cependant à simplifier les mots d’origine grecque à bon escient.

« Sont-ce les futurs réformateurs de l’orthographe ? En s’attaquant aux lettres grecques, ces élèves qu’on appelle, dans le jargon pédagogique, les dysortografiques, sont probablement les précurseurs éclairés d’une future réforme de l’orthographe française que les spécialistes situent aux alentours de l’an 2060. » (propos tenu en public par une grande spécialiste de la question).

Dystomie : troubles de la prononciation affectant les élèves.

« Ils n’arrêtaient pas de zézayer et de chuinter, au grand dam de leurs professeurs chargés des activités théâtrales. » (extrait de « Les difficultés du théâtre scolaire » de Benoit-Jean Poquelin, 2010).

Dysacouskie : baisse de l’intérêt pour les petits fours qui accompagnent habituellement les apéros, les fêtes ou les vernissages dans les écoles, les élèves préférant manifestement s’enfermer dans des coins fumeux de l’école.

« Nous ne pouvons tolérer plus longtemps que durant les fêtes de l’école, les élèves échappent au contrôle des adultes pour faire je ne sais quoi dans les toilettes et les soupentes. » (extrait d’une lettre de la présidente de l’Association des parents d’élèves au préfet de l’athénée).

Dysbasie : maladie des élèves de 12 ans qui, lorsqu’ils abordent le secondaire, manquent totalement de « bases », du moins si l’on se fie aux dires des professeurs du secondaire qui, paradoxalement, n’ont jamais eu à les enseigner, ces fameuses bases, laissant ce soin aux instituteurs.

« Les bases, les bases, les professeurs ne parlent que de ça durant les deux premiers mois de l’année dans les premières classes des écoles secondaires. » (le directeur d’une école primaire dont les élèves de sixième ont pourtant tous réussi le Certificat d’études de base).

Dysboulie : se dit d’adolescents avachis totalement privés de volonté.

« Les élèves dysbouliques étaient légion dans cette école. Le phénomène était observable et l’association de parents interpela à ce propos l’ensemble des professeurs. » (extrait d’un rapport du Centre de pilotage de l’enseignement).

Dysesthésie : cette maladie atteint les adolescents qui jusque-là, dans leur enfance, s’extasiaient devant un bouquet de roses ou une jolie peinture, mais avaient maintenant perdu le sens de l’esthétique, notamment dans le choix de leurs vêtements et de leurs coiffures.

« Faire apprécier le drapé des vêtements de la Renaissance ou l’élégance des coiffures des peintures du XVIIIe siècle relève du tour de force pour nos enseignants en arts plastiques, souvent face à des étudiants dysesthésiques. » (un inspecteur démoralisé).

Dysmélie : la dysmélie se caractérise par l’abandon de l’envoi de mails au profit de l’utilisation intensive de SMS et de tweets. La mode en a apparemment été lancée par un premier ministre belge.

« L’intérêt pour la messagerie d’internet n’aura duré à peine qu’une génération. Les SMS et les tweets ont pris le relai, inexorablement. » (note de l’Observatoire des communications).

Dysmorphie : difficulté qu’éprouvent certains adolescents à s’endormir le soir alors qu’ils en sont capables les après-midis durant les cours.

« Les bras de Morphée semblent plus accueillants aux dysmorphiques l’après-midi que le soir. » (observation d’un psychologue scolaire chargé de plusieurs écoles).

Dyspepsie : la dyspepsie attaque souvent nos adolescents après deux heures de cours et une nuit courte.

« Cette maladie, relativement courante, fait perdre à nos étudiants le minimum de pep nécessaire pour s’attaquer à un poème de Baudelaire ou à un théorème mathématique » (relevé au cours d’une conférence pédagogique).

Dysphorie : on ne peut mieux définir la dysphorie qu’en l’opposant à l’euphorie. Elle exprime un état de malaise.

« Le conseil des professeurs commença à se poser des questions lorsqu’il se rendit compte que systématiquement certains cours étaient accueillis dans la joie et l’excitation (par exemple ce cours de français dispensé par une jeune et jolie professeure de français) tandis que d’autres rendaient les élèves dysphoriques, entre autres le cours de mathématique tenu par Monsieur Collignon. » (extrait du rapport de fin d’année du directeur d’une école).

Dysplasie : anomalies, malformations touchant les tissus et les organes apparaissant au cours du développement biologique.

« L’on constate depuis quelque temps un allongement incontrôlable du pouce des ados. Est-ce un signe de dysplasie ? Les premières recherches entreprises semblent attribuer ce changement à l’usage intensif des GSM. » (extrait d’une note interne à l’Office des médecins).

Dystasie : attitude adoptée par les étudiants de Moscou opposés aux méthodes de la police d’État du temps d’avant le rideau de fer.

« Occultées par le pouvoir en place, les révoltes souterraines des élèves des écoles secondaires moscovites sont peu connues du public. » (extrait de « Histoire des secrets de l’État soviétique »).

Dystonie : incapacité à chanter dans une chorale. Cette maladie affecte principalement les adolescents au moment de la mue de leur voix.

« Ils étaient tellement dystoniques que le chef de chœur en fit une dépression nerveuse. »(extrait de « Les joyeux pinsons, histoire d’une chorale paroissiale »).

Dysurie : difficultés qui apparaissent au cours de la miction.

« Les toilettes sont trop proches de nos salles de classe. Nos élèves dysuriques perturbent sans le vouloir, par leurs cris, les cours qui s’y donnent. » (extrait du cahier de doléances des professeurs de l’école Saint-Prostat et Sainte-Cystite).

Quelques-uns de ces mots ne sont pas le fruit de la création de mon esprit, mais habitent bel et bien le dictionnaire. Seule leur définition est nouvelle. Serez-vous capable de les découvrir ?

D’autres figurent bel et bien dans le dictionnaire et de plus, avec leur véritable définition. Lesquels ?

Bonne chance.
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Henry Landroit