Quoi ? Comment ? Qui ? Pourquoi ?

La candidature de Liège pour
le congrès mondial de la FIPF en 2016

Un texte du Professeur Jean-Marie Klinkenberg
de l’Académie royale de Belgique,
Président du Comité de candidature Liège 2016

Tous les quatre ans, les professeurs de français du monde entier fêtent leurs retrouvailles dans un coin dudit monde. L’instigateur de ce vaste jamborée, qui réunit entre 1 000 et 1 500 participants, est la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF). Solide partenaire des Ministères français, canadiens, québécois, et belges, la FIPF contribue par ses multiples actions à la diffusion du français et des cultures francophones. Elle rassemble plus de 80 000 enseignants, regroupés dans 165 associations nationales ou régionales, et a le statut d’ONG.

On s’imagine aisément ce qui motive ces rencontres et ceux qui s’y pressent : échanger des informations sur la manière d’enseigner le français, tant comme langue maternelle que comme langue étrangère ou seconde — cet enseignement ayant à faire face aux mutations sans précédent qui affectent le marché des langues dans l’univers —, partager des expériences, prendre connaissance des nouveaux outils régulièrement mis au point, observer ensemble les produits culturels que la langue française permet d’offrir au monde — textes littéraires, films, chansons, bandes dessinées, jeux, logiciels… —, se ressourcer. Communier enfin, et savourer cette communion. Car il est peu de langues qui, comme le français, suscitent autant de passion et de sentiments de fidélité chez ceux qui l’apprennent, l’enseignent, le pratiquent. Et toute passion demande à être partagée. Ainsi, c’est chaque minute de chacun de ces rassemblements qui souffle à chaque participant : non, t’es pas tout seul !Il ne faut donc pas s’étonner que le congrès mondial des profs de français soit toujours une fête. Une fête qui rassemble chaque fois de 1 000 à 1 500 personnes. La FIPF choisit alternativement pour siège de la rencontre une ville francophone et une ville non francophone. Une ville non francophone, car il s’agit de réaffirmer régulièrement, avec force, que notre langue est le bien de toute l’humanité. Une ville francophone, pour que les professeurs de français puissent voir comment la vie peut se vivre quotidiennement en français, dans la diversité géographique et culturelle.Longue est déjà la liste des métropoles qui ont accueilli le congrès de la FIPF : sans remonter aux origines (le signataire de ces lignes vient de se souvenir du crochet qu’il fit par Grenoble, en 1972…), citons Lausanne (1992), Tokyo (1996), Paris (2000), Atlanta (2004), Québec (2008), Durban enfin, où se tiendra bientôt l’édition 2012 du congrès.Où auront lieu les assises de 2016 ? Ils sont nombreux à entendre que ce soit en Communauté Wallonie-Bruxelles. À Liège plus exactement. Quel lieu plus indiqué que la Cité Ardente en effet ? N’est-elle pas la ville la plus septentrionale de la francophonie ? Riche des quelque 150 nationalités qui la peuplent, n’est-elle pas au cœur d’une région qui est le berceau de l’Europe moderne, où se rencontrent les grandes cultures du continent ? N’est-elle pas depuis le Moyen Âge vouée à l’enseignement et à la formation, près de 100 000 jeunes y poursuivant leurs études ?Une des originalités du projet est qu’il n’est pas porté par la seule Association Belge des Professeurs de Français, instance habilitée à introduire la candidature. L’histoire explique cette particularité. Le congrès de l’Association américaine des professeurs de français, la plus importante des associations nationales, s’était tenu à Liège en 2008. Il fut un succès. C’est cette réussite, et ceux qui l’avaient vécue, qui inspirèrent à ses chevilles ouvrières — la Province et l’Université de Liège — l’idée de rééditer l’aventure ; en lui donnant un format mondial cette fois. Ce sont donc quatre mousquetaires qui portent la candidature de Liège : l’Association Belge des Professeurs de français, la Ville de Liège, la Province de Liège et l’Université de Liège. Un quatuor qui a d’ores et déjà reçu l’appui de dizaines d’organismes de Belgique, de France et de toute la Francophonie et qui a réuni autour de lui un large réseau de partenaires des mondes politique, culturel et économique.Depuis 2010, un comité de candidature travaille ainsi d’arrachepied, sous ma direction. Il a veillé à inscrire le Congrès dans un espace humain : situées au centre-ville, toutes ses activités pourront se faire à pied, ce qui garantit la convivialité des échanges. Prenant le contrepied des célébrations bling-bling, le comité a souhaité faire de la rencontre un évènement respectueux de l’environnement et de la planète, et s’est engagé à ce que la rencontre soit un réel engagement pour une francophonie plurielle et équitable. Les conférences et les communications du congrès porteront sur la question brulante de la place du français dans le concert du monde. Une place qui est toujours de premier ordre en dépit de l’uniformisation culturelle et de la globalisation économique. D’où le titre du Congrès : « Le français, langue ardente », qui, autant qu’à la Cité ainsi caractérisée, renvoie à la créativité, à la passion et à l’engagement des participants.

Le dossier est prêt. Ne manque pas un attache-trombone. Pas un octet. Budget, déplacements, locaux, partenariats : tout a été pensé, pesé. Tombé au printemps sur la table de la FIPF, le dossier de candidature sera défendu devant ses instances à l’entame du congrès de Durban, en ce mois de juillet. Le suspense est entier, mais la confiance aussi.

En plein redéploiement, Liège est candidate à l’organisation d’une grande exposition internationale en 2017. Elle donne rendez-vous au monde. Nul doute que la venue de 1 500 professeurs de français dans ce foyer multiculturel constituera un heureux prélude à cet évènement.

 Jean-Marie Klinkenberg

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