L’Abpf à Durban : notre participation

Le congrès mondial de Durban – avant tout – est une rencontre et un moment d’échange entre professeurs de français.
L’Association belge des professeurs de français y  participera activement.  Nos membres y présenteront des interventions originales et intéressantes, dans le but de partager nos pratiques. Ainsi, entre autres :

Jean-Marc DEFAYS : L’avenir du français dans le monde : le cœur et la raison (Axe : Oser le français)

Il est évident que les conditions dans lesquelles le français est perçu, utilisé et appris de par le monde ont beaucoup changé en quelques années et qu’elles continueront à le faire, et que ce serait une grave erreur stratégique que de ne pas reconnaître, intégrer et anticiper cette évolution dans les programmes d’enseignement, dans les méthodes pédagogiques comme dans la formation (continuée) des professeurs de français.
Dans cette perspective, on commencera par discuter des politiques et des programmes plurilingues, interactifs et cohérents, dans le cadre desquels il est désormais indispensable de concevoir la place et l’enseignement du français langue étrangère, et qu’il convient de définir et de gérer, sans cloisonnement ni confusion, en fonction du profil, des contextes et des projets particuliers des apprenants.
A ce titre, après avoir comparé les situations linguistiques et les systèmes d’enseignements très variés, souvent critiques, qu’il a rencontrés lors de ses missions pédagogiques dans le monde, l’auteur proposera d’analyser les principaux facteurs – institutionnels, logistiques, didactiques – qui handicapent l’enseignement du français, et d’autres qui sont au contraire porteurs d’espoir et dont on pourrait s’inspirer ailleurs.
En conséquence de quoi , on conclura sur les atouts à faire valoir en faveur de la langue française et de son étude, non seulement sur son utilité pour l’apprenant et pour la francophonie, mais aussi sur ses valeurs humanistes et celles qu’elle a toujours véhiculées et dont le monde, s’il veut durer, a urgemment besoin. Mais on insistera avant tout autre chose sur le bonheur que procurent son apprentissage et sa pratique, sur lequel les didactiques et les méthodes ont souvent le tort de faire l’impasse.
Plaisir…, voilà peut-être le maître-mot qu’il faudrait penser à décliner dans les didactiques à venir.

Suzanne FUKS : « Routines Cognitives comme Outils pour la Compréhension Active d’Œuvres d’Art en classe de FLE »

Je propose un atelier de 45 minutes. D’abord professeur de FLM pour la Communauté Française de Belgique, je travaille depuis 1989 pour l’International School of Brussels où j’enseigne le FLE, le FLM et la philosophie dans le cadre du programme du Baccalauréat International. Mon école est associée à un groupe de recherches appelé Project Zero, de l’université de Harvard. Je mets en pratique leurs approches pédagogiques constructivistes dans mes classes de français et aussi via des cours en ligne que ce même groupe organise. L’une de ces approches concerne la démarche cognitive, appelé en anglais Making Thinking Visible, ce qui veut dire comment rendre le processus réflexif conscient. J’ai traduit et utilisé ces outils conceptuels pour mes cours de français avec des objectifs didactiques pour explorer et analyser les idées et les thèmes de différents documents: texte littéraire, publicité, photo, ou film.
L’atelier que je propose est basé sur leur utilisation et demande la participation et la compréhension active des participants qui travaillent sur les documents visuels que je projette. J’explique aux participants la méthode associée à l’outil cognitif choisi, ils la pratiquent en petits groupes avant une mise en commun et un débat. 45 minutes permettent deux séquences différentes avec 2 documents visuels différents.
J’ai présenté des ateliers de ce type à différentes conférences : en 2009, au séminaire de l’AEFR de Russie et à celui de la SUF, en République Tchèque. En 2010, j’ai participé à la conférence organisée par Project Zéro et la Washington International School, à Washington, DC.  J’y ai animé deux ateliers en français. Le public de ces ateliers était composé de professeurs de langue étrangère, d’administrateurs d’écoles, de responsables de formation pédagogique, d’enseignants ainsi que de responsables de services éducatifs de musées.

Daniel NOUL (en collaboration avec Marie-Paule PIÉRART« Les sciences occidentales, filles de Descartes, ont-elles encore besoin du Français ? »

En guise de préambule, nous ferons quelques constats sur l’usage des langues dans le domaine scientifique, nous tenterons d’expliquer pourquoi l’anglais est devenu la langue véhiculaire de toutes les diciplines scientifiques. Nous parlerons de la perception qu’ont les professeurs de langue (en général) et de français en particulier de l’univers des sciences.?Nous proposerons, en salle, une expérience de physique et une petite démonstration de mathématique que nous avons l’ambition d’expliquer clairement sans “jargon”.
Notre exposé se propose d’atteindre deux objectifs.? ?Le premier objectif sera de montrer aux “spectateurs” que la culture scientifique peut très bien se passer de formules compliquées et de calculs fastidieux; pour expliquer, les phénomènes, il suffit de maitriser la langue usuelle après seulement, viendront, pour les spécialistes, les théories, formules, calculs….
Le deuxième objectif sera , d’une part, de montrer aux enseignants de FLE comment le domaine scientifique est tout à fait propre à développer des aptitudes langagières, mais aussi d’expliciter de quelle manière les professeurs de FLM peuvent aider leurs étudiants scientifiques.? ?Pour terminer, nous montrerons que sciences et lettres, loin de s’exclure se rejoignent souvent dans une même personne. ?Ainsi, la collaboration entre enseignants est-elle plus que jamais nécessaire et l’interdisciplinarité indispensable.

James O’Donnell : « Utilisation d’un site wiki pour permettre le partage des ressources et la mutualisation des pratiques »

Je propose une conférence de 20 minutes qui inclut une session de questions et réponses. Professeur de français langue étrangère dans une école américaine en dehors des Etats-Unis, j’ai voulu essayer de répondre aux nombreuses questions des collègues américains qui cherchent des ressources pertinentes pour leurs cours de français, soit qu’ils aient peu d’expérience, soit qu’ils n’aient pas facilement accès aux ressources pédagogiques existant en dehors des EU. Je souhaitais aussi servir de lien entre eux. Je suis ainsi devenu modérateur et contributeur d’un site wiki qui permet le partage des ressources et la mutualisation des pratiques.
Au cours de mon exposé, je vais expliquer la méthode de création d’un site wiki, ses objectifs et son mode de fonctionnement. L’objectif d’un site wiki n’est pas d’être un forum de discussion où l’on pose des questions, ni un blogue mais d’être une plateforme de partage pour documents numériques que ses utilisateurs peuvent écrire et illustrer de manière collaborative. Créé comme un portail Internet avec nom d’utilisateur et mot de passe, le wiki autorise ses membres à partager documents, idées, liens Internet et ressources pédagogiques et culturelles. Il est aussi possible aux membres d’apporter des modifications aux documents publiés mais toutes les modifications sont répertoriées et peuvent être annulées par le modérateur du site. Un site wiki peut être public et privé ; il peut être créé et maintenu gratuitement. Beaucoup de professeurs faisaient déjà du travail pour réunir des banques de ressource mais le WIKI permet de les mettre en liaison pour que tous puissent en profiter.
Le wiki que j’ai créé, et dont je suis le modérateur, s’adresse aux professeurs qui préparent des élèves pour l’examen externe de français appelé Advanced Placement* (AP* examen de culture et langue française) et suit les thèmes et sous-thèmes de cet examen. J’expliquerai l’historique de la création de ce site: de nombreux professeurs, travaillant dans ce but n’avaient pas les moyens de partager les documents qu’ils créaient eux-mêmes. Ce rôle de modérateur, et aussi de mentor, que j’assure, représente environ 5 heures de travail par semaine. Je passerai en revue les outils et l’expertise technologiques nécessaires pour la mise en place et l’animation d’un tel site comme Skydrive pour stocker les données et les relier par des liens Internet. Il ne s’agit pas d’un seul outil qui permet de tout faire ; il faut en maîtriser plusieurs : WIKI, Skydrive et Google sites. Aucun de ces outils n’est difficile à apprendre et leur pratique quotidienne les rend vraiment accessibles à tous.

Christiane BUISSERET et Geneviève GÉRON : « L’orthographe rectifiée : un atout pour le français, langue vivante ! »

La nouvelle orthographe, une « réformette », comme l’affirment certains ? En tout cas, une question actuelle pour tous ceux qui étudient et enseignent le français dans leur pays et dans le monde.
En effet,le FLE est enseigné par de nombreux professeurs, dans de nombreux établissements et ces professeurs ont, peut-être plus que les autres, l’obligation d’enseigner une langue française accessible à tous, débarrassée des inutiles arcanes qui en feraient à tort une langue « d’élites ». En outre les premiers « professeurs de français des élèves » sont les instituteurs et la situation actuelle de l’enseignement exige que des passerelles soient assurées entre le fondamental et le premier degré du secondaire notamment..C’est pourquoi, nous accueillerons assi avec plaisir les professeurs du fondamental.
Les médias et les non-professionnels parlent beaucoup de ces rectifications orthographiques françaises, ou au contraire les passent sous silence, comme si elles n’existaient pas . Mais nous, professeurs de français sommes les premiers concernés, sans nécessairement en connaitre les enjeux. Au cours de cet atelier, il ne s’agira que d’actualiser nos connaissances en profondeur, de manière à nous situer en toute connaissance de cause dans notre enseignement du français. Ce que l’on va travailler existe depuis … 1990 et vise à promouvoir et diffuser un aspect de la langue française, dans un esprit d’ouverture et de modernité, attentif aux nécessaires évolutions que connait le français d’aujourd’hui.

Luc COLLÈS : « Conflit et dialogue entre les cultures dans « Molly des sables » de Fatima Gallaire »

Nous avons déjà plaidé ailleurs pour l’insertion de la littérature migrante dans les programmes scolaires. On en offrira ici une application.
Par l’analyse dramaturgique de la pièce de F. Gallaire Molly des sables, nous mettrons en évidence le choc interculturel que vit l’héroïne, Molly, en nous attachant tout particulièrement à l’étude du temps et de l’espace (l’espace scénique et le hors-scène). La pièce, en un acte, semble construite sur une dichotomie basée sur l’espace et le temps. Pour faire comprendre la souffrance de Molly, on évoquera la situation des immigrés de la première génération.
En faisant siennes les préoccupations des personnages, par une lecture attentive, l’élève accède à la parole de l’Autre, de l’étranger, qui est un peu son semblable. Lui offrir ce genre de répertoire, au lieu du corpus prescriptif des programmes scolaires, c’est lui donner une chance de construire, dialogiquement, ses représentations de l’être humain, de découvrir l’universel, par-delà le particulier. On ne lui demandera pas de s’identifier, mais de comprendre.
Téléchargez sur ce sujet la bibliographie en .pdf

Robert MASSART (1)« La diversité linguistique en Francophonie, à travers la double perspective belge et FLE. »

Quel « français » enseigner quand on est professeur de français langue seconde, étrangère, voire de français langue maternelle ? Quelle réalité corresponde au « français de référence » ?
Le français parlé en Francophonie n’est pas uniforme, il est pluriel et varié à l’instar de toutes les grandes langues de cultures qui se sont diffusées à travers le monde. La francophonie belge en est un excellent exemple.
Nous verrons que les professeurs de français ont tout intérêt à tenir compte de cette diversité s’ils veulent doter leurs apprenants d’une véritable langue de communication efficace et pratique.

Robert MASSART(2) : « Le « tribunal du franglais », une activité pour travailler sur les anglicismes intempestifs. »

Les anglicismes sont aujourd’hui un phénomène typique de la mondialisation, mais leur nombre, qui fait quelquefois penser à une invasion, peut déranger et même apparaitre comme un obstacle pour l’apprentissage correct du français.
S’en prendre à ce qui fait partie de l’univers des adolescents peut se révéler délicat. Toutefois il est possible de travailler efficacement sur le sujet au moyen d’activités amusantes qui mettent l’accent sur les faiblesses et les défauts de ce phénomène de tmode. Le « tribunal du franglais » en est une …

D’autres nouvelles bientôt, et le contenu de ces communications sur notre site et dans notre revue « Le français dans le mille » après le congrès !